Eldeflar et son tuteur Orufis vivent au château du seigneur Dafur de Guervin et travaillent pour lui, comme beaucoup d’hommes, à la construction de remparts pour le palais. Recueillis dix ans auparavant par Dafur après que leur village de Murgas soit envahi et détruit par des hordes d’orques, Orufis et le jeune garçon se rendent utiles pour toutes les tâches ingrates et difficiles.
Happé par cette vie depuis une décennie, Eldeflar, qui n’est ni plus fort, ni plus malin qu’un autre, et qui n’est pas de sang noble, n’imagine pas sa vie autrement qu’en tant qu’homme à tout faire. Pourtant, son tuteur et ami va devoir répondre à un serment prêté des années auparavant, un serment d’une importance capitale et qui pourrait bien changer la face de leur monde.
Et entre rencontres périlleuses, révélations, prises de conscience et découvertes incroyables, Eldeflar va devoir apprendre et accepter la réalité… pour le bien de tout son royaume.
Lorsque je me suis engagé à lire et à faire une critique de se livre auprès de Xavier de Brabois, son auteur, j’ai eu un peu peur. Etant moi-même fan de fantasy, et écrivant moi-même dans ce registre, j’avais peur de tomber sur une histoire déjà vue, ou de ne simplement pas être emballé.
Et j’avoue que là, grosse surprise. Qui suis- je pour juger ? Me direz vous. Et bien comme vous je suis un lecteur, mais un lecteur qui prend la parole. Et dans ce genre de cas, prendre la parole est un réel plaisir et presque une nécessité. Puisque le genre de la fantasy semble se morfondre et que les fans ne trouvent plus ce qu’ils cherchent, ne faites plus un pas ! J’ai une solution ! Et française en plus ! La gloire de l’Edànkan ! Je me suis fait emporter par ce livre. Mes craintes du début se sont envolées dès les premières phrases et page après page, je me suis laissé prendre par cette histoire rythmée et pleine de surprise.
Tout d’abord, on appréciera l’effort rare et remarquable d’utilisation de la langue. Un langage soutenu qui effraiera peut-être certains d’entre vous, mais qui à mesure que l’on avance se fait plus facile jusqu’à en devenir naturel. Quand il s’agit de décrire un paysage, cette manière d’écrire est tout bonnement magique. Cela prend un aspect plus épique, et laisse facilement imaginer le narrateur contant son histoire alors que les héros vivent leurs aventures. Concernant les dialogues, on peut être un peu gêné puisque seigneurs, guerriers ou paysans gardent ce langage soutenu. Manque de logique et de réalisme ? Peut-être mais c’est justement ce dont Xavier de Brabois se nourrit : la poésie et le féerique. Que ce soit dans les descriptions ou les dialogues, les tournures de phrases prennent un sens poétique.
Voila ! Maintenant qu’on sait que la forme est bonne, qu’en est-il du fond ?
Vous n’aurez entre les mains que le premier volume d’une série de trois. Mais ne vous inquiétez pas, l’aventure commence bien dès ce tome là, et croyez moi, les héros ne chôment pas. Les informations distillées vous emmènent doucement mais sûrement vers le cœur de l’histoire. Toute l’aventure du premier tome se passe sur plusieurs semaines. Pour appuyer l’immensité des terres qu’ils traversent, De Brabois n’hésite pas à faire galoper ses chevaux plusieurs jours durant et patienter ses héros des nuits entières. Le tout en quelques mots ou phrases bien placés. Le lecteur ne sent pas le temps passer dans sa lecture, mais est pris à l’ennui, l’anxiété ou la peur des protagonistes. Les héros sont tous très attachants, femmes, hommes, elfes, humains, joyeux ou mystérieux. On apprend, comme Eldeflar, à les connaître petit à petit et aussi à les aimer.
Un autre point agréable : la séparation des personnages. En groupe, ils partent pour accomplir des petites missions et se séparent plusieurs jours ou semaines, pour se retrouver ensuite. Mais pour nous lecteur, qui suivons parfois les deux histoires parfois une seule, c’est l’implication totale dans tous les cas. Le rythme et les choix de l’auteur quant à l’histoire à suivre sont parfaitement étudié. Rien à jeter que du bonheur.
Pour finir, un détail qui m’a séduit. A plusieurs reprises en fin de chapitre, Xavier lance une petite information pour le lecteur en utilisant le futur, laissant toujours planer un doute, sur les pages ou les tomes suivants, et surtout nous obligeant à tourner les pages tant l’envie nous presse. Impossible de fermer le livre avant la fin.
Pour conclure, fan de fantasy, ou plus simplement d’aventures, foncez ! Et si je n’ai fait aucune allusion à Tolkien et son œuvre, ce n’est pas pour rien. Arrêtons de comparer et lisons ! Nous sommes là pour faire découvrir des auteurs, alors faites moi confiance et jetez vous sur ce livre là.
