Ce premier tome de trois nous plonge dans la vie de Wyl Thirsk, un jeune adolescent dont le destin est de remplacer son père à la tête de l’armée de son pays. Les premières pages s’ouvrent sur le décès de celui-ci en combat. Son ami de toujours, le Roi de Morgavia, reste à son chevet et lui promet d’élever son fils comme le sien et d‘en faire un digne chef des armées… Au même moment, Célimus, prince héritier et fils du Roi, commence à comploter…
Quand j’ai lu la 4ème de couv’ de « Le Don », j’ai tout de suite accroché et le fait qu’une femme en soit l’auteur n’a pas été étranger à cela. Je me demandais si un style qui peut-être aussi brutal et violence que l’Héroic- Fantasy pouvait être traité différemment sous la plume d’une femme.
Et je peux vous dire, en tant qu’amateur du genre, que ce livre est génial !
Et si le héros est un personnage attachant, ingénieux et avec qui on ne peut que partager les souffrances, Célimus est incroyable de cruauté et de machiavélisme. Fiona McIntosh nous dresse l’itinéraire d’une haine qui mûrit dans ce personnage des années et des années durant. Le prince passe son enfance à nourrir une haine diabolique contre la famille Thirsk et envers son propre père le Roi, pour des raisons que vous découvrirez rapidement au cours de votre lecture. Et s’il ne peut en aucun cas être aimé des lecteurs, Célimus est impressionnant. Ses agissements et sa détermination vous fera haïr ce personnage au plus haut point. Personnellement, je ne crois pas avoir autant détesté un personnage de littérature.
Parallèlement à tout ça, le courage de Wyl et ses aventures, d’abord au château puis au cours de son périple, en font un héros typique et exemplaire. Un personnage beaucoup plus intérieur pour son entourage mais très expressif pour le lecteur, un personnage très intérieur en fait.
La force de tous ces traits de caractères vient aussi du fait que nous rencontrons ces personnages lorsqu’ils sont âgés d’une quinzaine d’année, et que nous assistons à leur évolution durant 5 ou 6. Concernant les évènements, l’auteur passe une partie de son livre dans un endroit précis, le château, puis le périple commence et elle réussi à nous faire visiter un grand nombre de région tout en gardant un rythme effréné. Tout est bien amené et les descriptions sont bien dosées, les problèmes inhérents parfois au premier tome ne se font pas sentir. Même les nombreux personnages n’empêchent pas l’histoire d’être limpide. Le tout est incroyablement prenant et comme le dis Robin Hobb sur la 4ème de couv’, « ne commencez pas à lire Le Don le soir, surtout si vous devez vous levez tôt le lendemain matin ! »
