Si le milieu de la traduction reste assez flou pour nous autres consommateurs, nul doute que nos amis du marketing et pourfendeurs de projets bancals des maisons d’édition aiment y ajouter leur grain de sel pour assurer une petite poussée des ventes.
Evidemment, ils ne peuvent pas changer le nom des personnages, ou l’histoire en elle-même, mais ils s’assurent tout de même que la première chose que les lecteurs verront sera « accrocheur ». Et quelle est la chose que nous voyons en premier en prenant un livre ? Le titre, bien sûr.
Peut- être n’avez-vous jamais prêté attention à cela lorsque vous choisissiez un livre, la 4ème de couv’ étant là pour vous guider. Mais personnellement, j’aime choisir un livre par son titre, et lorsque je n’y prends pas garde, je me laisse flouer par ses métamorphoses proche de la science fiction que nous apportent les conseillers-en-changement-de-titre-pour-vendre-plus et propre au marché français ; les autres pays gardant souvent le titre original.
Quelques exemples bien sentis :
- Dark rivers of the heart (Les rivières noirs du coeur) devenu La Porte Rouge.
- Blue moon (La lune bleue) transformé en La Cache du Diable.
- The house that Jack built (La maison construite par Jack) métamorphosé en Walhalla.
- Family Portrait (Portrait de famille) « astucieusement » renommé Le Portrait du Mal.
Seulement, d’après les conseillers en vente, il manque quelque chose dans les titres traduits. Et tout le secret des ventes par milliers se résume en quelques mots magiques à ajouter dans les titres français. Peur, Diable, Mal, Ténèbre, Mort, Sang et bien d’autres qui à coup sûr nous ferons acheter les livres comme des psychopathes en herbe que nous sommes. Les exemples se comptent par milliers chez les auteurs qui ne font pas vendre par leur nom. La prochaine fois que vous irez chez votre libraire, jetez un coup d’œil, il y a quelques transformations proche du comique.
Dan Brown n’étant pas connu avant son Da Vinci Code, il a échappé à ce drame par la fulgurance des ventes. Dans le cas contraire, Anges et Démons serait devenu Les Illuminatis contre attaque, et le Da Vinci Code, La Joconde de tous les dangers. Au lieu de taper sur ces pauvres responsables marketing, je devrais plutôt chercher les raisons de ces mutilations littéraires. Et il est vrai qu’avec le déclin de la Science-Fiction, des livres dit d’Horreur ou de Terreur, depuis une quinzaine d’année, tous les moyens sont bons pour attirer du public. Même vendre son âme au diable, avec des raccourcis et des pirouettes plus commerciales qu’artistiques.
