20 ans… il a fallu 20 ans à la France pour découvrir Neal Stephenson, avec la parution de son monument Cryptonomicon en 1999. Fort de son succès, tous ses précédents romans ont pu être alors édité chez nous. Celui qui nous occupe aujourd’hui, Panique à l’université ( The Big U ), son premier livre, est sorti en 1984 : ça fait un bail (Internet et Harry Potter n’existaient pas, vous imaginez ) !
La Mégaversité américaine, gigantesque campus enclavé entre une autoroute et une voie express, est une ville à part entière avec ses tours d’habitation, son administration, ses confréries, sa cantine, son directeur et ses insondables souterrains. Stephenson nous peint une caricature délirante d’université américaine, un immense complexe où les étudiants sont comme des fourmis dans un labyrinthe.
Mais le roman est loin d’être une satire sociale, même si on sent chez Stephenson une sorte de revanche à prendre sur les facs façon US. C’est tout simplement un livre drôle, amusant : Le but du récit, et on l’apprend bien assez tôt, c’est comment, au travers de destins croisés d’individus surnageants dans la Mégaversité, les forces qui la gouverne, la folie ambiante, va finalement aboutir à sa destruction totale…

Neal Stephenson
Les héros sont tous un peu des loosers, qui se retrouvent rapidement en marge de la vie et du mouvement estudiantin : Caismir Randon, un ingénieur, Sarah Jane Johnson, présidente du conseil des étudiants et Virgil Gabrielsen, un pirate informatique surdoué. Ensemble, ils découvriront tous les secrets de cette université, jusqu’aux plus improbables…
Au final, j’ai bien aimé, même si ce livre a les défauts propres à une première œuvre (trop de personnages, un narrateur inutile, une baisse de rythme sur la fin); c’est toujours drôle, bien écrit, remplis de scènes d’anthologie, et annonciateur de toute la geek-culture d’aujourd’hui.

Ce livre a obtenu le prestigieux prix Hugo en 1996, et c’est à mon avis tout à fait mérité. Vous avez là une véritable fresque cyberpunk comme on en fait plus, mâtinée d’un romantisme affirmé et une vraie réflexion sur l’avenir de nos sociétés. Stephenson n’a pas son pareil pour décrire des univers originaux, et après Snow Crash, il continue d’explorer nos futurs possibles.