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Masterton / Koontz : des auteurs inconnus ?!

Dans le registre du fantastique ou de la terreur, il existe nombre d’auteur qui malgré leur talent ne sont pas connus du grand public. Il paraîtrait qu’en matière de littérature, et de musique, les français n’aiment pas prendre de risque et préfèrent rester dans les valeurs sûres. Comment pourrait-on leur en vouloir quand Stephen King arrive à sortir des livres aussi rapidement qu’un pizzaïolo ses pizzas. Avec la qualité qu’on lui connaît, pourquoi aller se perdre dans des auteurs du même genre avec un talent moins reconnu ?

Et bien, ce petit édito va peut être vous permettre de découvrir deux auteurs qui méritent vraiment le détour. À travers ce site, vous pourrez découvrir des critiques de certains de leurs livres mais pour vous faire une idée plus précise, je vous invite à lire ce qui suit.

De mon point de vue, les deux grandes lignes qui séparent Masterton et Koontz sont l’utilisation et la vision de l’ennemi du héros, et la description en général.

Concernant l’ennemi, Masterton a une vision plus pragmatique. Les renseignements qu’il distille sur lui sont « utiles » et expliquent le pourquoi de son comportement, et vraisemblablement, chaque indice est donné pour une bonne raison. Après la lecture, nous avons une idée assez précise du personnage pendant l’aventure, et de ce qui l’a conduit à devenir cette entité mauvaise, mais pas de sa vie de tous les jours. La lumière est clairement mise sur le héros, tout en se gardant bien d’en faire une icône. Comme si le but de tout cela était de lisser les personnages pour les rendre plus proches de nous.

Pour Koontz, le mal incarné par le personnage est le contre poids du bien et à ce titre, il mérite une description aussi poussée, aussi bien quantitativement que qualitativement. On connaît ses activités, ses pensées profondes, ses objectifs et sa haine pour les personnes symbolisées par le héros, si bien qu’on en vient à se demander qui est vraiment le personnage principal de l’œuvre. On aime ou on n’aime pas, pourtant, l’effort que Dean Koontz met dans sa plume pour rendre la thèse et l’antithèse est surprenant. Un chapitre sur deux étant consacré tour à tour au héros et à l’antihéros.

Les descriptions qui ponctuent leurs livres respectifs suivent également le processus décrit au dessus. Quand Koontz met une page entière à nous décrire un lieu important, Masterton n’utilisera qu’une demi-page. La différence est simple. Le premier n’omettra aucun détail et poussera (parfois trop ?) le verbe ; le dernier restera concis et précis pour ne pas perdre de vue le fil de l’histoire.  Impossible de juger si tel ou tel technique est meilleur, et je vous laisserai, lecteurs, le choix des armes car les avis sont très partagés sur l’utilisation de la description exhaustive. D’un côté, ce qu’on gagne en rythme, on le perd en mise en scène, de l’autre, ce qu’on gagne en ambiance, est perdu en spontanéité.

En conclusion, deux auteurs, deux styles mais un seul genre : le fantastique. En complément de la lecture des critiques qui leur sont consacrés, j’espère que ce petit sujet vous aura aidé à lâcher le Dieu King pour vous risquer entre des pages inconnues de ces deux auteurs pas si inconnus.

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Le Complot Sweetman

le-complot-sweetmanUn tueur en série surnommé « Le Dingue de l’Autoroute » abat les automobilistes sans aucun mobil. Les victimes ne semblent avoir aucun lien entre elles, et la police piétine. Mais quand le père de John Cullen est assassiné à son tour, ce dernier décide de mener sa propre enquête ce qui l’amène à rencontrer les familles d’autres victimes. Dès lors, une piste très floue mais bien réelle voit le jour… Parallèlement à ça, Carl X. Chapman, un futur candidat à la maison blanche fait campagne…

Une construction classique pour un Masterton qui fonctionne à la perfection. Une fois de plus, un personnage commun se retrouve dans une situation hors du commun. La recette préférée du maître ! L’un des traits appréciables de cette histoire est qu’elle se déroule dans un laps de temps de quelques jours, une semaine maximum, ce qui empêche la tension de redescendre et ce qui pousse le héros et son ami Mel dans leurs derniers retranchements.

Epuisé physiquement, moralement et mentalement, John découvre petit à petit les raisons insensées de tous ces meurtres et le lecteur suit son évolution et sa progression. Même si le fan un peu averti découvrira vite le pourquoi du comment de ce roman, la connexion entre les différentes histoires reste très intéressantes. Sans vous spoiler la suite, j’ai trouvé que pour une fois, la traduction du titre avait été judicieuse (certainement de manière involontaire…). En effet, le titre originale « The Sweetman curve » (la courbe Sweetman) est devenue « le complot Sweetman » ce qui peut laisser planer le suspense un peu plus longtemps. Vous comprendrez peut-être après la lecture…

Toujours est-il que l’idée est lumineuse et l’orchestration fidèle à ce qu’on connaît de Graham Masterton. On remarquera aussi que tout ce roman est complètement « crédible », pas d’occultisme, ou de faits hors du commun comme à l’accoutumer. L’auteur s’est attaqué à une histoire contemporaine et « possible ».

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Le Portrait du Mal

le_portrait_du_malVoilà l’œuvre de Graham Masterton considéré par la presse et par ses pairs comme un chef d’œuvre. Une incroyable variation du livre Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde. Vincent Pearson tient une galerie de tableau, et vient d’acquérir une œuvre pour le moins étrange. La toile représente douze personnages, de qualité médiocre, l’auteur, Waldegrave, est pourtant un homme connu pour son excentricité, son goût pour l’occultisme, et son amitié avec Oscar Wilde.

Dès son acquisition, la galerie reçoit la visite de Sybil  Vane, étrange et belle femme apparemment obnubilée par ce tableau démoniaque.L’enquête menée par Pearson révèle un lien étroit et étrange entre cette toile et une série de meurtre qui défraie la chronique depuis quelques mois en Nouvelle- Angleterre.

Il n’y a pas plus bel hommage que celui rendu à Wilde par Masterton. Il parvient à faire un « remake » plébiscité par les professionnels d’un classique, d’un monument de la littérature en osant l’insérer subrepticement dans l’histoire.  Imaginé Stephen King, réécrire Lovecraft en lui faisant faire une apparition dans l’histoire… Faut oser ! Et il l’a fait, avec brio.

graham_masterton2En plus de cela, on peut compter sur les caractéristiques inhérentes à Masterton. Implication dans l’histoire dès la première page, dès les premières lignes, jugé plutôt : « Dès qu’il la vit sous les vit sous les tilleuls, le pouce levé (…) Il sut qu’elle serait la victime idéale. » Pas le temps d’être bien installé, que vous devez déjà être prêt à vous faire aspirer dans le tourbillon de l’imagination de l’auteur. Que dire de plus ? Le scénario est évidemment bétonné, les personnages captivants, et la fin à la hauteur du reste.

Les fans commettront un blasphème à ne pas lire cette œuvre, et les puceaux de Masterton seront brûlés sur un bûcher. Je l’ai sûrement déjà dit pour d’autres de ses livres, mais c’est un incontournable… je lui met donc 4/5 :

3x5

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La Nuit des Salamandres

la_nuit_des_salamandresImmolation par le feu et air d’opéra. Meurtres ? Suicides ou rituels ? Lloyd Denman apprend que sa fiancée Célia vient de se suicider en se versant de l’essence sur le corps et en y mettant le feu. Un geste incompréhensible pour Lloyd mais tout prend un autre tournant lorsqu’il apprend que Marianna, l’une des meilleures amies de Célia, a été retrouvée morte brûlée vive. Puis c’est un bus entier qui fini dans les flammes, avec tous les passagers.

Enfin, au détour d’une rue, Lloyd croit l’apercevoir, toujours aussi belle, mais différente. A partir de ce moment, il sait que quelque chose ne tourne pas rond, et c’est sur un air d’opéra de Wagner que Denman va devoir se battre contre de terribles ennemis.

Lisez les quatre premières lignes… Voila, vous êtes dedans. Pas détournements, pas de fioritures, Masterton nous met, comme à son habitude, dans le bain, tout de suite. Et on adore ça !

Encore un personnage commun, un restaurateur de la baie de La Jolla, Denman, Original Fish Depot, qui va être transporté dans un aventure hors du commun. Lloyd est un personnage très attachant, avec qui nous vivons son récent veuvage. On peut le voir tirailler entre désespoir, colère, incompréhension. Et à mesure, qu’il engrange les incroyables indices de tous ces décès, il déchiffre le complot dans des partitions méconnues d’un grand compositeur allemand du 19ème siècle, Richard Wagner.

graham_masterton2L’auteur s’attache souvent à faire de ses méchants des personnages très charismatiques, et Otto en est un bon exemple. Ce vieil homme, témoin de la grande guerre, possède des pouvoirs surnaturels, et est à l’origine de tous les morts récents… Et sa présence en Amérique va révéler des puissances inconnues…

Sans conteste, l’un des livres les plus originaux de Graham Masterton. Il arrive à mêler des éléments nouveaux pour nous tricoter une histoire béton. Un vrai bonheur pour tous les fans du genre.

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