On peut écrire sur l’amour, sur la vie, la mort, dans des styles différents comme la science fiction, le documentaire, l’autobiographie…Et pourquoi ne pas écrire sur la littérature elle- même ? Dans Ecriture, Stephen King nous faisait connaître sa vision de la littérature, ce qu’il aime ou n’aime pas dans la façon d’écrire un roman. Le style de chacun est unique, bon ou mauvais. Il y a pourtant certaines choses immuables lorsqu’on écrit un roman et l’homme qui a étudié ce « phénomène » se nomme Joseph Campbell (1904 – 1987), il nous parle du « Mythe du Héros ».
« Ainsi tous les héros mythiques débuteraient leur périple à la suite d’un « appel à l’aventure » – ce qui implique que le héros quitte l’environnement dans lequel il a grandi. Il devra ensuite faire face au « gardien du seuil », premier obstacle dans son voyage qui, une fois franchi (la plupart du temps avec l’aide d’un mentor ou d’un guide spirituel), lui permettra de pénétrer dans un monde plus spirituel – généralement représenté par une forêt sombre, un désert, ou bien une île mystérieuse. Il va y subir une série d’épreuves lui permettant de dépasser son mentor et d’accomplir enfin l’objet de sa quête (le plus souvent une réconciliation avec le père, une union sacrée ou une apothéose) représentant symboliquement l’émancipation. Il retournera ensuite chez lui complètement transfiguré par l’expérience de son voyage initiatique. »
Cet extrait est un résumé d’un essai écrit en 1949 « Les héros aux milles visages ». Vous pourrez bientôt en apprendre plus sur Joseph Campbell dans un prochain édito sur le même sujet. Pour le moment, penchons nous un peu plus sur cet extrait.
Peut- être que cet extrait vous rappelle quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, pensez à Star Wars, Matrix ou encore Le Seigneur des Anneaux… Georges Lucas revendique s’être inspiré des pensées de Campbell pour sa première trilogie. Luke, Obiwan, Dark Vador….

Joseph Campbell
Campbell déclarait même que les Héros étaient importants pour la société puisqu’il véhiculait des moyens universels de s’émanciper et de s’épanouir. En effet, même dans les années 80, des héros comme Conan, Rambo, Sangoku, Musclor, Manimal (et tant d’autres) formaient la jeunesse en mettant en avant l’exemple du personnage bon et se battant pour le bien. Personnage repris dans les cours de récréation par nos charmantes têtes blondes qui déambulait en hurlant à qui voulait l’entendre « Je suis Superman !».
Quasiment totalement masculin, les fillettes elles- même venaient à prendre en exemple les héroïnes moins charismatiques mais tout aussi présentes pour s’identifier. Pour preuve réelle, mes voisines gambadant dans le jardin en s’écriant « On dirait qu’on serait les filles de Julie Lescaut » : véridique ! Jennifer Lauret, aussi belle soit-elle, n’aurait certainement jamais espéré que des jeunes filles la prennent en exemple pour des jeux d’enfants.
Paradoxalement, ces héros qui véhiculaient une image positive se sont vus gentiment remercier par des groupes de protection de l’enfance (Famille de France quand tu nous tiens !!), remplacés par des dessins animés et séries télévisées plus soft.
Alors la question se pose à présent : cette initiative va-t-elle changer la vision du héros aux yeux du public ? La réponse ne sera apportée qu’après quelques années de test sur les enfants d’aujourd’hui bercés par Bob L’Eponge. Après avoir été accusé de rendre nos enfants trop violents, la nouvelle génération de héros pourrait bien être taxée de « débillisation » à outrance. Car franchement, de Ken le Survivant à Patrick l’étoile de mer, le meilleur ami de Bob l’éponge, la côte du héros en prend un sacré coup.
A suivre dans un prochaine édito, un approfondissement des travaux de Campbell…
