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Memnoch le Démon

Memnoch le démonVoila un des moments difficiles qu’il faut pourtant assumer. Critiquer le cinquième et dernier volume de la chronique des vampires. C’est cruel en deux points :

-          Tout d’abord parce qu’il s’agit du dernier tome, et que c’est toujours triste quand les bonnes choses se finissent.

-          Ensuite, parce que la conclusion n’est pas  la hauteur des attentes.

Indépendant des autres volumes, Memnoch le démon met en scène la rencontre de Lestat avec… Dieu et le Diable. Enfin, leurs incarnations… A priori, personnes ne peut plus résister à Lestat de Lioncourt. Ses pouvoirs, quasi divins acquis auprès d’Akasha, le mettent en haut de la chaîne alimentaire. Ses actes ont eu leurs échos dans toutes les dimensions du monde. Du coup, Anne Rice conclut sa chronique par la rencontre ultime.

Loin de moi l’idée de dire que ce tome ultime est mauvais. Loin de là. Seulement, quand on atteint un certain niveau, et ce quatre fois de suite, il est dur d’amener le lecteur à être trop indulgent. Le scénario en lui-même est formidable, une fin en beauté, avec des personnages incroyables. Une rencontre inimaginable en début de chronique, et qui conclut bien, l’existence littéraire d’un personnage comme Lestat.

Le hic, c’est qu’il ne se passe pas énormément de choses. Les accrocs à l’action vont rester sur leur fin et les fans de description et d’explication vont se régaler. Comment Rice pouvait-elle mettre en scène un combat entre Dieu et un vampire d’auvergne ? Allons !!

Tout réside dans les dialogues, l’aspect biblique et religieux (cependant ni rébarbatif, ni endoctrinant), et le résumé de siècles de vie pour un être démoniaque tel que Lestat, qui vit aux dépends des humains. Un véritable affront pour Dieu. Le face à face entre un créateur universel, et une créature anti-nature. Le docteur Frankenstein et son monstre, discutant lors d’une promenade dans un parc, de la naissance, de l’évolution, et de la pertinence de l’existence de la créature.

Au final, Memnoch le démon est une fin incontournable, seulement, il ne faut pas s’attendre à vivre des aventures similaires aux opus précédents. Le feu d’artifice final pourrait s’avérer être un pétard mouillé pour certain, mais il ne sera qu’un « long » clou du spectacle pour les vrai fans.

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Le Voleur De Corps

Le voleur de corpsAprès toutes les découvertes sur l’origine des siens, Lestat reprend tranquillement  sa vie. Dans ce quatrième volume, totalement indépendant des autres, notre vampire se retrouve face à un adversaire inattendu : un humain, ou presque.

Une nouvelle histoire qui donne un second souffle à la chronique. On se demandait ce que Rice pourrait inventé après l’apothéose de La reine des damnés. On ressent l’envie de l’auteur de mêler un vampire centenaire à la vie humaine. Marius et les autres sont moins présents, mais David Talbot le meilleur ami « vivant » de Lestat joue un rôle très important, voir même indispensable.

L’intérêt du livre est relancé. Le héros quasi divin est confronté à un choix cornélien. Le pire cauchemar et l’impossible rêve de tout vampire : redevenir humain.

Anne Rice réussit à sortir Lestat de sa condition d’être presque parfait. Comment mettre en scène un personnage qui à tous les pouvoirs ? Comment éviter qu’il ne tue ces adversaire rien que par la pensée ? La réponse, elle l’a trouvée, et quelle réponse ! Utiliser la faiblesse de Lestat, son point faible : son rêve. Tout comme le renard de La Fontaine qui, pour obtenir ce qu’il voulait, utilisa le narcissisme du corbeau en flattant son égaux.

Une idée fantastique, amenée avec brio et conclue en beauté. Que dire de mieux ? Lestat reste égal à lui-même, cruel à l’excès, en proie à des doutes, mais attachant et divinement diabolique. Ce que le livre perd en dimension cosmique et divine, il le gagne au centuple dans la nouvelle dimension humaine. Quoi de plus intéressant, que de voir un personnage dans un environnement inconnu et/ou hostile. Cela donne d’ailleurs, une petite idée aux lecteurs de ce que vivrait Dieu si on le faisait vivre quelques jours dans la peau d’un humain.

Que les fans de Lestat et d’Anne Rice n’hésitent pas un instant à lire les nouvelles péripéties du vampires français.

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Lestat Le Vampire

Lestat le vampireSuite directe du volume précédent, Lestat le vampire est indispensable à la compréhension du premier pour la bonne et simple raison qu’on se rend compte que Lestat de Lioncourt est le seul et unique héros de toute la chronique. Les trois tomes suivants étant des suites indépendantes des histoires du vampire français.

Dans le registre des changements, le livres n’est plus conté à la 3ème personne, mais à la première : après le journaliste confident de Louis, Lestat semble avoir pris la plume. La dimension n’en est que plus prononcé tant les différences entre les deux vampires sont grandes. Une nouvelle preuve que Lestat est La plaque tournante de la chronique.

Après la trahison de Louis, Lestat s’éveille sous une nouvelle ère, et entreprend de profiter pleinement de sa non vie en s’exposant à la vie publique tout en se faisant passer pour un humain. Une fois de plus, la communauté vampirique ne l’entend pas de cette oreille…

Aucune déception n’est à craindre ! Le Lestat décrit par Louis dans son livre reste fidèle à lui-même, cruelle, amoureux et Vampire avec un grand V. Il devient l’icône vampirique de toute la chronique, et Anna Rice en fait une Rock star… Oui, je sais, au premier abord, on se dit que ça part un peu dans tous les sens… Un vampire Rock star ! Mais pas de soucis, l’évolution, les conséquences, et le déroulement du livre sont limpides et vous dévorerez ce livre comme vous l’avez fait pour le premier.

Concernant l’écriture, (Qui suis-je pour juger ?) c’est mieux que mieux ! Les souvenirs que nous avait laissé Entretien avec un vampire nous reviennent décuplés car transcendés par le personnage de Lestat beaucoup plus puissant et charismatique que Louis. Pour le premier opus, je touchais du doigts le sujet des scènes mythiques, et bien là, vous en prendrez pleins les neurones (Cf. la scène de combats entre Lestat et les loups…) et ce n’est qu’un début.

En plus de tout cela, l’apparition de nouveau personnage d’envergure dans l’entourage du protagoniste (Marius, Gabrielle, Mael…), vous garantit quelques heures de frissons bien calé dans votre lit à la lumière d’une petite lampe de chevet.

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Entretien Avec Un Vampire

Couverture EAUVIl est des livres qui prouvent qu’il y a une vie avant la transcription au cinéma : Entretien avec un vampire en est la preuve. Ce livre d’Anne Rice n’est que le premier opus d’une série de cinq. Pour les fans, rien de neuf, mais pour la grande majorité qui a seulement vu le film, c’est souvent une surprise.

Dans ce premier chapitre, Louis, un vampire malheureux de sa condition d’immortelle, en vient à se confier à un journaliste humain. Il décrit sa vie aisée mais sans but en tant qu’humain, sa métamorphose, sa vie avec son « créateur » Lestat et surtout ces doutes qui le conduise a rejeter toute son espèce.

L’originalité de ce livre, si ce n’est la maestria avec laquelle l’auteur intègre ses vampires dans la civilisation sans jamais tomber dans les clichés, est que vous avez entre les mains LE livre écrit et publié par le journaliste/ confident de Louis. Le roman tel que les protagonistes de l’histoire l’auront, et qui va déclencher les foudres de tous les congénères de Louis.

Anna Rice s’est attaqué à un style plutôt difficile. En effet, l’utilisation de vampire en tant qu’ennemi était du plus pur cliché, mais en faire des héros, surtout à la fin des années 70, a conquis tout un public curieux de savoir comment des tueurs sanguinaires pouvaient devenir des protagonistes.

Dès les premières pages, le ton est donné, pas de round d’observation. Les premiers mots de toute la chronique sortent de la bouche de Louis lui-même « Je vois…, dit le vampire d’un air pensif. » Et à partir de là, impossible de décrocher durant cinq volumes. L’évolution des personnages et donc du monde nous sont décrits au travers de plusieurs siècles. Les facettes paradoxales qui font des ces personnages des légendes, Rice les utilise pour toujours faire rebondir l’histoire. Tour à tours sanguinaires, romantiques, dépressives ou imbus d’eux –même, les vampires laissent transparaître des côtés humains (compassion, faiblesse…) comme les humains peuvent s’avérer psychotique et assoiffé de sang.

Vous reconnaîtrez vous-même les scènes mythiques, et vous vous surprendrez à rêver en lisant une scène délicieusement sanglante que vous auriez qualifiés de sordide ou de gore, si le vampire n’était pas LE héros.

C’est toute cette ambiguïté qui fait d’Entretien avec un vampire, une œuvre incontournable du genre.

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