Nécropolis

Il est des livres qui ne laissent pas indifférents et qui fédèrent autour d’eux une effervescence et des générations de fans… Nécropolis ne fait pas parti de ces livres…

Attention, non pas qu’il soit mauvais mais il est simplement passé inaperçu, en tout cas en France, malgré les critiques dithyrambiques. En cherchant à me renseigner sur ce roman et son auteur, je n’ai pas pu trouver grand chose si ce n’est que son livre le plus célèbre est « La nuit du solstice ».

Nécropolis est pourtant une merveille d’immersion et de découverte de la vie new-yorkaise des années 70/80. Le héros principal étant le directeur de l’institut médico légal de la grosse pomme, le lecteur peut suivre à travers lui toutes les facettes glauques et secrètes de cette ville mythique. Un personnage acerbe, antipathique, décrié, une sorte de docteur House avec 30 ans d’avance et en plus tégneux.

Paul Konig est un personnage comme on les aime. Il n’y a aucune malice dans son comportement agressif et dictatorial. C’est un homme de plus de 60 ans qui a vu et vécu des choses à travers son métier et qui s’est laissé dominer par ses peurs, ses colères et ses problèmes personnels. Il n’a pas d’humour. Ce livre n’a pas d’humour ! Il est rempli de relations conflictuelles, intransigeantes mais tellement crédibles. Un livre plein de tension personnalisé par Konig. Il est New- York, il subit New-York, il vit New- York.

Avec du recul, je pense que le succès de ce roman réside dans un fait simple ; nous suivons la vie d’un homme. Tout simplement. Ce n’est pas une enquête, ni un flash sur un instant tragique de sa vie…. Enfin, pas tout à fait…

En effet, ces 600 pages plongent le médecin, et le lecteur, dans différentes histoires que ce ponte de la vie new-yorkaise devra régler avec ses talents et ses inimitiés. Deux cadavres non-identifiés et mutilés à reconstituer, des rumeurs de trafique de cadavres au sein de son établissement, la désignation du successeur à son poste, ses problèmes physiques et personnels (qui sont peut-être le seul aspect romancer… et pas le plus intéressant). Paul se confronte à la hiérarchie, à l’administration, à ses décisions passées et futures… Une vraie vie d’homme qui passe du génie à la folie.

Bien entendu, le tout est rédigé à la perfection pour ce genre de roman noir. C’est un livre qui nous salit, qui ne laisse pas indifférent, qui dégouline de la noirceur du monde de Paul Konig. Un régal !

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La Promesse des Ténèbres

Dans ce roman, Maxime Chattam nous propose de relier l’histoire de son héros fétiche Joshua Brolin avec celle de son acolyte de la trilogie du mal, Annabel O’Donnel.

En effet, lors de l’apparition de la belle flic originaire de New-York au côté de Brolin, nous avions pu apprendre qu’elle était à la recherche de son mari, Brady, disparu dans des circonstances étranges quelques mois auparavant. Contrairement aux doutes que nous pouvions avoir, cette affaire n’était nullement résolue au cours de la trilogie, ni même vraiment abordé.

En fait, Chattam nous prévoyait carrément un roman complet pour résoudre ce mystère ! Une sorte de Spin off (s’emploie pour parler des livres ou séries crées autour d’un personnage différent de l’oeuvre originale) où nous découvrons la vie d’Annabel qui n’est ici qu’un personnage « secondaire ». Le protagoniste majeur étant le principal intéressé : Brady O’Donnel.

Ce livre est une véritable descente aux enfers ! On assiste à une sorte de suicide professionnel, social, moral du personnage qui, en tant que journaliste free lance débute une enquête sur l’univers de l’industrie du porno dans ces travers les plus noirs. Dans le sillage de la belle Ruby, il découvre une ville sous la ville, un monde où toutes les règles sont dictées par des promesses obscures.

A travers ces pages, on s’aperçoit que tout semble tirer Brady vers le bas. Ses rencontres, ses découvertes, ses relations humaines, les lieux qu’il est amené à visiter… En bon lecteur, nous prenons plaisir à nous engouffrer dans ce monde ténébreux en sachant que nous en sortirons en refermant le livre.Pour le journaliste, il s’agit d’un voyage inéluctable dont les pas sont guidés par un Maxime Chattam très en forme qui prend un plaisir presque malsain à creuser toujours plus profond pour sonder l’âme humaine et ses recoins honteux.

La galerie de personnages rencontrés prend tout son sens face à un homme aussi « normal » qu’ O’Donnel. Ils prennent tous une signification spéciale, comme s’ils incarnaient chacun un traits négatif de l’être humain. La violence, la misanthropie, l’avarice, l’appât du gain, la manipulation, la trahison, l’ignorance, la haine… Autant d’ingrédients glauques qui salissent le lecteur à travers ce héros qui tentent de lutter contre la gangrène qui le ronge.

Personnages et  scénario cohabitent avec un naturel presque effrayant de réalité. Un très bon Chattam que les fans ne peuvent laisser de côté. Pour les novices, un très bon roman pour débuter avec cet auteur, mais je vous conseille de commencer avec la trilogie du mal pour profiter de la chronologie instituée par l’auteur.

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La Reine des Damnés

Troisième partie attendue, La reine des damnés est une suite indépendante de la Chronique. Son histoire peut être comprise sans forcément avoir lu les deux premiers volumes même si, dans ce cas là, l’intérêt est un peu perdu.

L’évolution de la chronique prend une ampleur considérable dans ce volume. Anne Rice s’attaque une fois de plus à un sujet des plus difficiles qui soit, que ce soit pour les hommes ou pour les vampires : leur origine. Un terrain risqué sur lequel même Bram Stoker (auteur du célébrissime Dracula) ne s’est pas aventuré.

A l’instar de Louis après le premier volume, Lestat devient le vampire à abattre après sa courte mais explosive carrière de rock star qui à ébranlé tout le monde vampirique. La mesure mystique, de Lestat et tout son entourage, explose au contact du personnage d’Akasha, la mère de tous les vampires…

Au risque de me répéter dans toutes les critiques des romans qui composent cette Chronique, Rice arrive encore une fois à happer l’attention du lecteur.

Aussi talentueuse soit- elle, il était facile de se casser les dents sur un sujet tel que l’origine des vampires. Mais sa « thèse » est tellement bien pensée, originale et « logique » que cela semble presque évident. Elle nous donne une période assez précise, des noms, des circonstances en les distillant juste assez pour nous empêcher de refermer le livre. Tout le livre prend un intérêt incroyable pour les fans de buveurs de sang, et pourrait même attiré les novices, rien que par la qualité d’écriture inhérente la chronique.

Nul doute que si vous avez aimé Entretien et Lestat, vous adorerez ce volume, extraordinaire dans son évolution des personnages (Lestat prenant encore un peu plus de charisme), et de l’Histoire.

A noter que Lestat le vampire et La reine des damnés ont tous les deux été retranscris au cinéma en un seul film. Lestat étant incarné par Stuart Townsend.

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Cabale

Clive Barker, un nouvel auteur sur le site. Pourtant cet homme a à son actif plusieurs projets qui vous feront sûrement dresser l’oreille, au cinéma d’abord « Eraser Head » en 1987, et « Candy Man » en 1992 et en littérature avec « Livres de Sang ou les contes macabres »… Bref Barker n’en est pas son premier coup d’essai. Cabale n’est peut-être pas le meilleur exemple des talents développés par cet auteur mais reste tout de même un livre très agréable.

Les personnages principaux, Boone et Decker, s’avèrent très intéressants dans leurs évolutions respectives et la panoplie des sentiments qui les tiraillent. L’un, Boone, est torturé, faible de corps et d’esprit et instable. L’autre, son psy est un homme plein de secrets et le contraire total de son patient.

Incarnant tour à tour les symboles du Mal et du Bien à travers deux styles différents, ces deux hommes portent le livre à eux seuls. Passant de dominant à dominé plusieurs fois au cours de l’histoire. Je ne peux pas trop développer leurs rôles car les surprises les concernant font tout l’intérêt du livre… Mais rien que pour ces deux personnages, Cabale vaut le coup.

Au milieu d’eux, il est vrai que le personnage féminin central, Lori, parait un peu fade. On passe une partie du livre à la suivre sur les traces de Boone, son petit ami, et même si l’intérêt reste présent, le tout est plutôt poussif. Sans conteste, les chapitres concernant les deux hommes ont un rythme plus soutenu, les personnages attirent l’attention et tiennent le lecteur en haleine. Ce contraste dessert bien évidemment le livre qui alterne du coup le bon et le moins bon.

L’histoire générale peut sembler « brouillon » car Barker ne pose pas assez le décor dès le début malgré une première scène très réussie. Pourtant, en abordant le livre avec un esprit ouvert, le résultat final est plutôt positif. La frustration vient du fait que les carences en informations auraient pu être comblées si le livre avait été plus long. Ici, 312 pages ne suffisent pas.

Pour ce qui est de l’écriture, la forme est très agréable. Barker redouble d’originalité pour décrire des choses banales. Je ne peux résister à l’envie de vous faire partager La description incontournable en littérature : le levée de soleil.« Le soleil leur fit un numéro de strip-tease en se levant, dissimulant son éclat sous un voile de nuages, puis jetant ses lambeaux un par un. » Simple, explicite et original. Ca résume bien ce livre.

Cette critique peut paraître négative, mais détrompez vous, j’ai passé un bon moment à travers ces 312 pages. Deux énormes personnages, et le tout se lit vite, facilement et réserve pas mal de surprises intéressantes et originales.

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Lost In Translation…

Si le milieu de la traduction reste assez flou pour nous autres consommateurs, nul doute que nos amis du marketing et pourfendeurs de projets bancals des maisons d’édition aiment y ajouter leur grain de sel pour assurer une petite poussée des ventes.

Evidemment, ils ne peuvent pas changer le nom des personnages, ou l’histoire en elle-même, mais ils s’assurent tout de même que la première chose que les lecteurs verront sera « accrocheur ». Et quelle est la chose que nous voyons en premier en prenant un livre ? Le titre, bien sûr.

Peut- être n’avez-vous jamais prêté attention à cela lorsque vous choisissiez un livre, la 4ème de couv’ étant là pour vous guider. Mais personnellement, j’aime choisir un livre par son titre, et lorsque je n’y prends pas garde, je me laisse flouer par ses métamorphoses proche de la science fiction que nous apportent les conseillers-en-changement-de-titre-pour-vendre-plus et propre au marché français ; les autres pays gardant souvent le titre original.

Quelques exemples bien sentis :

- Dark rivers of the heart (Les rivières noirs du coeur) devenu La Porte Rouge.

- Blue moon (La lune bleue) transformé en La Cache du Diable.

- The house that Jack built (La maison construite par Jack) métamorphosé en Walhalla.

- Family Portrait (Portrait de famille) « astucieusement » renommé Le Portrait du Mal.

Seulement, d’après les conseillers en vente, il manque quelque chose dans les titres traduits. Et tout le secret des ventes par milliers se résume en quelques mots magiques à ajouter dans les titres français. Peur, Diable, Mal, Ténèbre, Mort, Sang et bien d’autres qui à coup sûr nous ferons acheter les livres comme des psychopathes en herbe que nous sommes. Les exemples se comptent par milliers chez les auteurs qui ne font pas vendre par leur nom. La prochaine fois que vous irez chez votre libraire, jetez un coup d’œil, il y a quelques transformations proche du comique.

Dan Brown n’étant pas connu avant son Da Vinci Code, il a échappé à ce drame par la fulgurance des ventes. Dans le cas contraire, Anges et Démons serait devenu Les Illuminatis contre attaque, et le Da Vinci Code, La Joconde de tous les dangers. Au lieu de taper sur ces pauvres responsables marketing, je devrais plutôt chercher les raisons de ces mutilations littéraires. Et il est vrai qu’avec le déclin de la Science-Fiction, des livres dit d’Horreur ou de Terreur, depuis une quinzaine d’année, tous les moyens sont bons pour attirer du public. Même vendre son âme au diable, avec des raccourcis et des pirouettes plus commerciales qu’artistiques.

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Les Conjurés de la Pierre

Avant tout, il faut savoir, que David Morrell est le créateur du personnage de Rambo. Voila maintenant que c’est dit, et que vous soyez fan des films ou non, ne jugez pas trop vite ce livre car Les Conjurés de la Pierre est un très bon livre…

Il ne s’agit pas d’un livre de guerre et de tueries mais l’idée d’espionnage, d’infiltration et de discretion est tellement présente qu’on ne peut pas totalement occulter le personnage célèbre créé par Morrell. Le héros de ce livre, Drew, peu rappeler John Rambo de part sa solitude et son professionnalisme dans son métier… Voila, j’arrête avec les comparaisons, passons au livre en lui-même.

L’idée de base du scénario m’a tout de suite conquise. La quatrième de couverture vous laisse juste assez de suspens pour vous obliger à lire les quelques pages du début. Si l’histoire devient plus traditionnelle au fil des chapitres, la première moitié à elle seule devrait vous pousser à essayer ce livre. L’idée de base la voici : Un homme mystérieux cherche à fuir son passé en se réfugiant pour le reste de sa vie dans un monastère du Vermont. Quel est son passé ? On ne le sait pas. Mais une nuit, un commando exécute de manière très discrète tous les moines du lieu saint. Tous, sauf un… Pourquoi ? Comment ? Découvrez le en lisant ce roman.

Entre parenthèse, pour ceux qui craignent un livre anti clérical, rassurez- vous, il ne s’agit pas d’une critiques de l’Eglise, mais seulement de faire évoluer des personnages dans un contexte secret.

Le protagoniste Drew incarne bien l’homme torturé par un passé qu’il veut oublier, et un présent qui l’oblige à se battre pour ses convictions, non pas religieuses, mais bien personnelles.

Au final, l’histoire se tient parfaitement avec un début excellent et on avale sans problème les presque 600 pages de David Morrell.

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La Gloire de l’Edankan

Eldeflar et son tuteur Orufis vivent au château du seigneur Dafur de Guervin et travaillent pour lui, comme beaucoup d’hommes, à la construction de remparts pour le palais. Recueillis dix ans auparavant par Dafur après que leur village de Murgas soit envahi et détruit par des hordes d’orques, Orufis et le jeune garçon se rendent utiles pour toutes les tâches ingrates et difficiles.

Happé par cette vie depuis une décennie, Eldeflar, qui n’est ni plus fort, ni plus malin qu’un autre, et qui n’est pas de sang noble, n’imagine pas sa vie autrement qu’en tant qu’homme à tout faire. Pourtant, son tuteur et ami va devoir répondre à un serment prêté des années auparavant, un serment d’une importance capitale et qui pourrait bien changer la face de leur monde.

Et entre rencontres périlleuses, révélations, prises de conscience et découvertes incroyables, Eldeflar va devoir apprendre et accepter la réalité… pour le bien de tout son royaume.

Lorsque je me suis engagé à lire et à faire une critique de se livre auprès de Xavier de Brabois, son auteur, j’ai eu un peu peur. Etant moi-même fan de fantasy, et écrivant moi-même dans ce registre, j’avais peur de tomber sur une histoire déjà vue, ou de ne simplement pas être emballé.

Et j’avoue que là, grosse surprise. Qui suis- je pour juger ? Me direz vous. Et bien comme vous je suis un lecteur, mais un lecteur qui prend la parole. Et dans ce genre de cas, prendre la parole est un réel plaisir et presque une nécessité. Puisque le genre de la fantasy semble se morfondre et que les fans ne trouvent plus ce qu’ils cherchent, ne faites plus un pas ! J’ai une solution ! Et française en plus ! La gloire de l’Edànkan ! Je me suis fait emporter par ce livre. Mes craintes du début se sont envolées dès les premières phrases et page après page, je me suis laissé prendre par cette histoire rythmée et pleine de surprise.

Tout d’abord, on appréciera l’effort rare et remarquable d’utilisation de la langue. Un langage soutenu qui effraiera peut-être certains d’entre vous, mais qui à mesure que l’on avance se fait plus facile jusqu’à en devenir naturel. Quand il s’agit de décrire un paysage, cette manière d’écrire est tout bonnement magique. Cela prend un aspect plus épique, et laisse facilement imaginer le narrateur contant son histoire alors que les héros vivent leurs aventures. Concernant les dialogues, on peut être un peu gêné puisque seigneurs, guerriers ou paysans gardent ce langage soutenu. Manque de logique et de réalisme ? Peut-être mais c’est justement ce dont Xavier de Brabois se nourrit : la poésie et le féerique. Que ce soit dans les descriptions ou les dialogues, les tournures de phrases prennent un sens poétique.

Voila ! Maintenant qu’on sait que la forme est bonne, qu’en est-il du fond ?

Vous n’aurez entre les mains que le premier volume d’une série de trois. Mais ne vous inquiétez pas, l’aventure commence bien dès ce tome là, et croyez moi, les héros ne chôment pas. Les informations distillées vous emmènent doucement mais sûrement vers le cœur de l’histoire. Toute l’aventure du premier tome se passe sur plusieurs semaines. Pour appuyer l’immensité des terres qu’ils traversent, De Brabois n’hésite pas à faire galoper ses chevaux plusieurs jours durant et patienter ses héros des nuits entières. Le tout en quelques mots ou phrases bien placés. Le lecteur ne sent pas le temps passer dans sa lecture, mais est pris à l’ennui, l’anxiété ou la peur des protagonistes. Les héros sont tous très attachants, femmes, hommes, elfes, humains, joyeux ou mystérieux. On apprend, comme Eldeflar, à les connaître petit à petit et aussi à les aimer.

Un autre point agréable : la séparation des personnages. En groupe, ils partent pour accomplir des petites missions et se séparent plusieurs jours ou semaines, pour se retrouver ensuite. Mais pour nous lecteur, qui suivons parfois les deux histoires parfois une seule, c’est l’implication totale dans tous les cas. Le rythme et les choix de l’auteur quant à l’histoire à suivre sont parfaitement étudié. Rien à jeter que du bonheur.

Pour finir, un détail qui m’a séduit. A plusieurs reprises en fin de chapitre, Xavier lance une petite information pour le lecteur en utilisant le futur, laissant toujours planer un doute, sur les pages ou les tomes suivants, et surtout nous obligeant à tourner les pages tant l’envie nous presse. Impossible de fermer le livre avant la fin.

Pour conclure, fan de fantasy, ou plus simplement d’aventures, foncez ! Et si je n’ai fait aucune allusion à Tolkien et son œuvre, ce n’est pas pour rien. Arrêtons de comparer et lisons ! Nous sommes là pour faire découvrir des auteurs, alors faites moi confiance et jetez vous sur ce livre là.

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Le Don

Ce premier tome de trois nous plonge dans la vie de Wyl Thirsk, un jeune adolescent dont le destin est de remplacer son père à la tête de l’armée de son pays. Les premières pages s’ouvrent sur le décès de celui-ci en combat. Son ami de toujours, le Roi de Morgavia, reste à son chevet et lui promet d’élever son fils comme le sien et d‘en faire un digne chef des armées… Au même moment, Célimus, prince héritier et fils du Roi, commence à comploter…

Quand j’ai lu la 4ème de couv’ de « Le Don », j’ai tout de suite accroché et le fait qu’une femme en soit l’auteur n’a pas été étranger à cela. Je me demandais si un style qui peut-être aussi brutal et violence que l’Héroic- Fantasy pouvait être traité différemment sous la plume d’une femme.

Et je peux vous dire, en tant qu’amateur du genre, que ce livre est génial !

Et si le héros est un personnage attachant, ingénieux et avec qui on ne peut que partager les souffrances, Célimus est incroyable de cruauté et de machiavélisme. Fiona McIntosh nous dresse l’itinéraire d’une haine qui mûrit dans ce personnage des années et des années durant. Le prince passe son enfance à nourrir une haine diabolique contre la famille Thirsk et envers son propre père le Roi, pour des raisons que vous découvrirez rapidement au cours de votre lecture. Et s’il ne peut en aucun cas être aimé des lecteurs, Célimus est impressionnant. Ses agissements et sa détermination vous fera haïr ce personnage au plus haut point. Personnellement, je ne crois pas avoir autant détesté un personnage de littérature.

Parallèlement à tout ça, le courage de Wyl et ses aventures, d’abord au château puis au cours de son périple, en font un héros typique et exemplaire. Un personnage beaucoup plus intérieur pour son entourage mais très expressif pour le lecteur, un personnage très intérieur en fait.

La force de tous ces traits de caractères vient aussi du fait que nous rencontrons ces personnages lorsqu’ils sont âgés d’une quinzaine d’année, et que nous assistons à leur évolution durant 5 ou 6. Concernant les évènements, l’auteur passe une partie de son livre dans un endroit précis, le château, puis le périple commence et elle réussi à nous faire visiter un grand nombre de région tout en gardant un rythme effréné. Tout est bien amené et les descriptions sont bien dosées, les problèmes inhérents parfois au premier tome ne se font pas sentir. Même les nombreux personnages n’empêchent pas l’histoire d’être limpide. Le tout est incroyablement prenant et comme le dis Robin Hobb sur la 4ème de couv’, « ne commencez pas à lire Le Don le soir, surtout si vous devez vous levez tôt le lendemain matin ! »

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Harry Potter et les Reliques de la Mort

Difficile de parler du septième et dernier tome de Harry Potter, de celui qui clôt la saga après toutes ces années, sans évoquer les six premiers tomes. Pour ma part, j’ai découvert l’histoire de ce jeune garçon au destin exceptionnel lors de la sortie du deuxième tome, avant la déferlante de la Pottermania en France et dans le monde, et j’ai tout de suite accroché : j’avais sous les yeux une vraie histoire fantastique, bien écrite, bien menée, avec de l’humour, du suspense, de l’action, des personnages et un univers attachant, peut-être destinée à l’origine aux enfants mais tout aussi captivante pour les adultes. Et tous ces éléments se retrouvent dans l’ensemble des tomes, pour créer au final une aventure épique, à la fois fantastique et familière, une épopée dans laquelle on plonge et replonge volontiers à chaque fois.

Bien sûr, au fil des aventures du jeune Harry, tous les lecteurs ont pu constater une évolution : le héros et ses amis grandissent, gagnent en maturité, mais surtout le monde dans lequel ils évoluent est de plus en plus obscur et inquiétant. Les quatre premiers volumes sont une mise en place de l’univers, avec une véritable montée en puissance qui atteint son paroxysme avec la fin haletante du quatrième tome, puis dès le cinquième, en forme de pause, J.K. Rowling pose les bases de ce que va être la suite, en introduisant des nouveaux personnages, des nouvelles perspectives pour Harry. De mon côté, après un enthousiasme débordant à la lecture des quatre premiers tomes, j’avoue avoir été un peu déçu par ces cinquième et sixième opus, j’avais l’impression d’être carrément passé à autre chose, une autre histoire presque, avec moins de magie, moins de rythme…

Mais exactement dix ans après la sortie de Harry Potter à l’école des sorciers, Rowling confirme avec Harry Potter et les Reliques de la Mort son talent de narratrice, ou peut-être plutôt de conteuse, balayant presque dès les premières pages toutes les craintes qu’on aurait pu avoir sur une éventuelle baisse de régime de la série, peut-être due à une trop forte médiatisation. Ce dernier épisode est la conclusion parfaite à l’histoire de Harry, de Ron, d’Hermione et de tous les autres. On ne s’en rend pas compte tout de suite, mais c’est comme la dernière pièce d’un puzzle qui s’imbriquerait parfaitement avec le reste, ne laissant aucun trou, aucun défaut.

Même seul, sorti du reste de la série, ce septième tome est un livre hors du commun, une histoire géniale de vie, d’amour et de mort, l’éternelle histoire du combat entre le bien et le mal revisitée avec talent. Le rythme est mené tambour battant quasiment tout le long, et on est complètement aspirés dans l’histoire, on cherche, on doute, on souffre, on se bat aux côtés de Harry et des autres. Si on avait constaté une évolution au fil des tomes vers un monde et une histoire de plus en plus sombres, on en a également la confirmation avec ce dernier épisode, qui ne fait aucun cadeau, qui va jusqu’au bout des choses sans retenue. Et on en vient presque à se demander si Harry Potter est encore un livre pour enfants. Car dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, on ne compte plus les blessés, les torturés et les morts ; la violence, physique et psychologique, est omniprésente. Mais elle permet aussi justement de faire ressortir encore plus vivement tout ce qu’il y a de bon chez ces personnages qui se battent pour défendre les idéaux qui leur tiennent à cœur. Et finalement, ce qui fait aussi le succès des Harry Potter, c’est sans aucun doute la faculté qu’a l’auteur de nous renvoyer une image si réaliste de notre propre monde, mais vue à travers ce miroir magique, tellement fascinant.

Au final, ce dernier volume est vraiment réussi, la fin parfaite d’une saga déjà rentrée dans les annales, et je ne sais pas ce que Rowling a prévu pour la suite, mais quoi qu’il en soit, elle peut se reposer un peu. Elle a déjà gagné sa place aux côtés de Charles Perrault, des frères Grimm, de Hans Christian Andersen, ou plus récemment de Roald Dahl, tous ces génies qui ont su de tout temps raconter de belles histoires aux enfants, fantastiques et terrifiantes, pour les prendre par la main et les mener vers le monde des adultes…

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Descendance

James Falcon est un spécialiste des Strigoï, les vampires. Durant la Seconde Guerre mondiale, cet américain est contacté par le contre-espionnage de son pays pour partir pour l’Europe où des évènements sanglants laissent à penser que des Strigoï ont rejoint les rangs nazis. Les résistants tombent sans que personne n’arrive à stopper ce massacre. Falcon rencontre le plus puissant d’entre eux, Dorin Duca. Malgré la fuite de ce dernier, l’américain réussit à éliminer la menace vampire. Pourtant, quatorze ans plus tard, une nouvelle mission l’envoie cette fois en Angleterre… Des massacres similaires l’y attendent.

À l’instar de BloodSilver, ce roman tente de mettre l’Histoire au service de la littérature fantastique… Ou peut-être l’inverse.

Sans être le meilleur roman de cet auteur qui m’est cher, Descendance prend un parti intéressant. Le terrain de jeux est donc l’Europe et la situation dramatique permet à Masterton d’installer ses vampires avec facilité. Les massacres engendrés à cette époque lui donnent la possibilité de cacher les crimes des vampires. Plutôt malin.

Si le scénario est en place et marche bien, les personnages sont un peu trop « moyens ». James Falcon tire son épingle du jeu, mais son ennemi Dorin Duca est très (trop ?) effacé et n’intervient que trop rarement pour qu’on puisse le détester ou tomber sous son charme, en tout cas, comprendre la haine que ressent le protagoniste. Le personnage de Jill est plus présent, mais elle disparaît un bon moment pour revenir ensuite… Bref, il y a une sorte de manque général sur tout ce petit monde.

Lié ou pas, ce paramètre peut donner l’impression que le livre ne décolle pas. On attend que Dorin Duca intervienne vraiment, qu’un évènement chamboule tout… Celui-ci arrive peut-être, mais trop tardivement. Cela n’empêche que cette histoire reste agréable à lire. Ce n’est pas son meilleur roman, mais ça reste du Graham Masterton.

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