Le Voleur De Corps

Le voleur de corpsAprès toutes les découvertes sur l’origine des siens, Lestat reprend tranquillement  sa vie. Dans ce quatrième volume, totalement indépendant des autres, notre vampire se retrouve face à un adversaire inattendu : un humain, ou presque.

Une nouvelle histoire qui donne un second souffle à la chronique. On se demandait ce que Rice pourrait inventé après l’apothéose de La reine des damnés. On ressent l’envie de l’auteur de mêler un vampire centenaire à la vie humaine. Marius et les autres sont moins présents, mais David Talbot le meilleur ami « vivant » de Lestat joue un rôle très important, voir même indispensable.

L’intérêt du livre est relancé. Le héros quasi divin est confronté à un choix cornélien. Le pire cauchemar et l’impossible rêve de tout vampire : redevenir humain.

Anne Rice réussit à sortir Lestat de sa condition d’être presque parfait. Comment mettre en scène un personnage qui à tous les pouvoirs ? Comment éviter qu’il ne tue ces adversaire rien que par la pensée ? La réponse, elle l’a trouvée, et quelle réponse ! Utiliser la faiblesse de Lestat, son point faible : son rêve. Tout comme le renard de La Fontaine qui, pour obtenir ce qu’il voulait, utilisa le narcissisme du corbeau en flattant son égaux.

Une idée fantastique, amenée avec brio et conclue en beauté. Que dire de mieux ? Lestat reste égal à lui-même, cruel à l’excès, en proie à des doutes, mais attachant et divinement diabolique. Ce que le livre perd en dimension cosmique et divine, il le gagne au centuple dans la nouvelle dimension humaine. Quoi de plus intéressant, que de voir un personnage dans un environnement inconnu et/ou hostile. Cela donne d’ailleurs, une petite idée aux lecteurs de ce que vivrait Dieu si on le faisait vivre quelques jours dans la peau d’un humain.

Que les fans de Lestat et d’Anne Rice n’hésitent pas un instant à lire les nouvelles péripéties du vampires français.

Tags: , ,

Lestat Le Vampire

Lestat le vampireSuite directe du volume précédent, Lestat le vampire est indispensable à la compréhension du premier pour la bonne et simple raison qu’on se rend compte que Lestat de Lioncourt est le seul et unique héros de toute la chronique. Les trois tomes suivants étant des suites indépendantes des histoires du vampire français.

Dans le registre des changements, le livres n’est plus conté à la 3ème personne, mais à la première : après le journaliste confident de Louis, Lestat semble avoir pris la plume. La dimension n’en est que plus prononcé tant les différences entre les deux vampires sont grandes. Une nouvelle preuve que Lestat est La plaque tournante de la chronique.

Après la trahison de Louis, Lestat s’éveille sous une nouvelle ère, et entreprend de profiter pleinement de sa non vie en s’exposant à la vie publique tout en se faisant passer pour un humain. Une fois de plus, la communauté vampirique ne l’entend pas de cette oreille…

Aucune déception n’est à craindre ! Le Lestat décrit par Louis dans son livre reste fidèle à lui-même, cruelle, amoureux et Vampire avec un grand V. Il devient l’icône vampirique de toute la chronique, et Anna Rice en fait une Rock star… Oui, je sais, au premier abord, on se dit que ça part un peu dans tous les sens… Un vampire Rock star ! Mais pas de soucis, l’évolution, les conséquences, et le déroulement du livre sont limpides et vous dévorerez ce livre comme vous l’avez fait pour le premier.

Concernant l’écriture, (Qui suis-je pour juger ?) c’est mieux que mieux ! Les souvenirs que nous avait laissé Entretien avec un vampire nous reviennent décuplés car transcendés par le personnage de Lestat beaucoup plus puissant et charismatique que Louis. Pour le premier opus, je touchais du doigts le sujet des scènes mythiques, et bien là, vous en prendrez pleins les neurones (Cf. la scène de combats entre Lestat et les loups…) et ce n’est qu’un début.

En plus de tout cela, l’apparition de nouveau personnage d’envergure dans l’entourage du protagoniste (Marius, Gabrielle, Mael…), vous garantit quelques heures de frissons bien calé dans votre lit à la lumière d’une petite lampe de chevet.

Tags: , ,

La Souris Bleue

la_souris_bleueCinquième roman de Kate Atkinson, La Souris Bleue n’est pas, comme son titre pourrait sembler l’indiquer, un livre pour enfants. Mais alors pas du tout. Case Histories (c’est le nom original du roman) est une histoire policière contemporaine, dont l’action se déroule en Angleterre, plus particulièrement à Cambridge et alentours. Mais Case Histories est avant tout le livre que Stephen King (oui oui, LE Stephen King) a placé en toute première position dans la liste de ses romans préférés de l’année 2005, n’hésitant pas à le qualifier de « meilleur mystère de la décennie ». Rien que ça.

Autant vous dire qu’en commençant ma lecture, je me réjouissais à l’avance à l’idée de lire un des livres préférés du maître. Mais que se passe-t-il, très souvent, lorsque l’on a un énorme a priori positif sur quelque chose ? On est déçu. Et, fatalement, en refermant ce livre, j’étais très déçu.

Case Histories raconte l’histoire d’un détective privé, Jackson Brodie, qui va recevoir quasiment simultanément les demandes de quatre nouveaux clients. Deux sœurs, tout d’abord, Amelia et Julia, qui suite à la découverte d’un objet particulier dans la maison familiale, vont vouloir retrouver leur petite sœur, Olivia, disparue trente-quatre ans plus tôt, alors qu’elle n’avait que trois ans. Puis Theo, un homme obsédé par le meurtre de sa fille Laura, dix ans plus tôt, et qui souhaite retrouver le meurtrier, qui n’a jamais été identifié. Enfin, Shirley, qui souhaite savoir ce que sa nièce, Tanya, est devenue. Tanya, qui quand elle était bébé a assisté avec Shirley au meurtre de son père par sa mère, Michelle, d’un coup de hache dans le crâne.

Jackson, efficace, va mener l’enquête tout en naviguant autour de tous ces personnages. Ou plutôt non, c’est l’inverse. C’est lui le pivot central du roman, autour duquel vont orbiter tous les personnages et leurs histoires personnelles, jusqu’à s’entrechoquer les uns avec les autres. Car c’est ce qui fait le cœur de l’histoire : les protagonistes d’évènements sans aucun rapport les uns avec les autres vont finalement se retrouver embringués dans la même histoire, sans le vouloir.

Alors, j’ai été déçu, certes, mais Case Histories est-il si mauvais que ça ? Pas du tout, ce livre possède de nombreuses qualités, les principales étant la construction relativement originale, la profondeur des personnages, et le style, très vivant et assez sombre, parfois à la limite du dérangeant.

En ce qui concerne la construction, Case Histories commence par relater brièvement les 3 cas qui nous intéressent, la disparition d’Olivia en 1970, la mort de Laura en 1994, et le coup de folie de Michelle en 1979. On se prend vingt noms de personnages dans la figure en cinquante pages, mais au moins l’action est placée. Ensuite, les chapitres portent à chaque fois le nom d’un personnage, alternativement Amelia, Theo, Jackson et Caroline (Caroline ? Mais qui est cette Caroline ?), et racontent les événements du point de vue de ce personnage. Du coup c’est parfois assez déroutant car on a affaire à des retours en arrière, ou des évènements complètement inexpliqués qui sont mis en lumière par un autre personnage dans le chapitre suivant. Mais ça a le mérite d’être original et surtout d’accrocher le lecteur, qui sait qu’il pourra peut-être en apprendre plus sur ce qu’il vient de lire s’il lit le chapitre suivant.

Kate Atkinson

Kate Atkinson

Mais les véritables points forts de ce roman sont les personnages et le ton du livre. Kate Atkinson ne fait pas dans la demi-mesure, elle n’hésite pas à révéler, de façon magistrale, les côtés sombres de ses personnages, et on voit bien qu’il n’y a aucune autocensure dans la description de certaines scènes, parfois à la limite du sordide, et qui pourront choquer les plus sensibles (un tiers des critiques sur les sites américains crient quasiment au scandale). Mais ça donne une profondeur, un réalisme, une certaine authenticité à l’histoire qui nous est racontée, et c’est une bonne chose.

Alors, pourquoi déçu ? Et bien parce qu’en lisant la critique de Stephen King, ainsi que les critiques dithyrambiques qui recouvrent couverture, quatrième de couverture, et premières pages, je m’attendais… et bien… je m’attendais au « mystère de la décennie ». Et niveau mystère, j’ai déjà vu bien mieux que Case Histories. Oui, il y a bien quelques surprises, dont certaines qu’on voit venir à 200 kilomètres et d’autres qu’on n’a absolument aucun moyen de prévoir, mais pas de révélation de dernière minute, ni de réel fil conducteur dans le mystère. En finissant le livre, j’ai cru pendant un moment que j’avais loupé quelque chose, que j’étais passé à côté d’un élément important, mais caché. Mais après quelques vérifications, j’ai dû me rendre à l’évidence : l’intrigue est loin d’être aussi palpitante que ce à quoi je pouvais m’attendre en lisant les critiques. Au niveau « mystère mystérieux, suspense, intrigues et autres retournements de situation », c’est plat. Autant le déroulement de l’histoire est intéressant et accrocheur, autant le dénouement est creux et décevant. En gros, si vous voulez un bon policier, choisissez plutôt un bon vieil Agatha Christie et pas ce roman. Je pourrais aussi parler des « grosses coïncidences de la vie des personnages qui arrangent bien les auteurs des fois quand même », mais bon, ça n’est pas encore trop gênant ici.

En conclusion, Case Histories est loin d’être dénué de qualités, mais ce n’est pas celles auxquelles je m’attendais. C’est un livre bien écrit, avec un style très intéressant, une belle galerie de personnages, c’est aussi un travail de réflexion sur la société, les rapports familiaux, la noirceur humaine, mais ça n’est en rien le mystère de la décade, ou même de l’année (ou du mois). Ou alors les amateurs de romans policiers ont vraiment du souci à se faire…

‘Ecrit par Sébastien’

Tags:

News : Bonne Année 2010 à tous les bibliophages.

Une petit message de rigueur pour le passage à la nouvelle année !

L’équipe de votre site littéraire vous souhaite à tous et à toutes la meilleure des années 2010 possible sur tous les plans !

Que vous puissiez remplir toutes les pages blanches qui restent vierges dans votre vie sentimentale, professionnelle, amicale, passionnelle, et aussi littéraire.

Lisez ! Ecrivez ! Partagez ! En espérant vous voir encore longtemps parcourir des pages papiers autant que nos pages virtuelles .

Panique à l’Université

panique_a_l_universite20 ans… il a fallu 20 ans à la France pour découvrir Neal Stephenson, avec la parution de son monument Cryptonomicon en 1999. Fort de son succès, tous ses précédents romans ont pu être alors édité chez nous. Celui qui nous occupe aujourd’hui, Panique à l’université ( The Big U ), son premier livre, est sorti en 1984 : ça fait un bail (Internet et Harry Potter n’existaient pas, vous imaginez ) !

La Mégaversité américaine, gigantesque campus enclavé entre une autoroute et une voie express, est une ville à part entière avec ses tours d’habitation, son administration, ses confréries, sa cantine, son directeur et ses insondables souterrains. Stephenson nous peint une caricature délirante d’université américaine, un immense complexe où les étudiants sont comme des fourmis dans un labyrinthe.

Mais le roman est loin d’être une satire sociale, même si on sent chez Stephenson une sorte de revanche à prendre sur les facs façon US. C’est tout simplement un livre drôle, amusant : Le but du récit, et on l’apprend bien assez tôt, c’est comment, au travers de destins croisés d’individus surnageants dans la Mégaversité, les forces qui la gouverne, la folie ambiante, va finalement aboutir à sa destruction totale…

Neal Stephenson

Neal Stephenson

Les héros sont tous un peu des loosers, qui se retrouvent rapidement en marge de la vie et du mouvement estudiantin : Caismir Randon, un ingénieur, Sarah Jane Johnson, présidente du conseil des étudiants et Virgil Gabrielsen, un pirate informatique surdoué. Ensemble, ils découvriront tous les secrets de cette université, jusqu’aux plus improbables…

Au final, j’ai bien aimé, même si ce livre a les défauts propres à une première œuvre (trop de personnages, un narrateur inutile, une baisse de rythme sur la fin); c’est toujours drôle, bien écrit, remplis de scènes d’anthologie, et annonciateur de toute la geek-culture d’aujourd’hui.

Tags:

Cul-De-Sac

cul-de-sacNick décide de tout plaquer pour partir vivre un rêve au milieu des paysages paradisiaques australiens. À son arrivée, il loue un van et décide de partir au gré du vent. Il oublie cependant de suivre LA loi du pays, éviter de conduire la nuit. Pourquoi ? Pour éviter de finir avec un kangourou encastré dans le pare choc. Cette loi bafouée, la sanction tombe et Nick se retrouve bien malgré lui au milieu de nulle part, une voiture défoncée et un marsupial mort sur les bras. De cette situation naîtra la rencontre avec Angie, une fille made in Australia, robuste et nature que Nick prendra en auto-stop dès que sa voiture sera utilisable… À partir de là, rien n’ira plus pour l’américain du Maine…

Ce roman écrit à la 1re personne nous plonge directement au cœur d’une histoire entre humour et horreur. Toute la première partie où le héros fait « connaissance » avec le pays est présentée sous un jour drôle et relativement vulgaire qui ne prépare pas le lecteur à tomber dans le piège que Douglas Kennedy nous tend. Ainsi, tout comme Nick, nous tombons dans l’enfer d’une séquestration inattendue et surtout terrifiante. À partir de là, l’humour passe aux oubliettes et est remplacé par une atmosphère maladivement pesante où le lecteur ne peut se retenir de penser que l’expérience traumatisante de Nick est la pire que l’on puisse vivre.

Est-ce que je rentre dans les détails ?… Oui ? Ceux qui ne veulent pas en savoir plus, arrêtez-vous-la !

Nick, drogué par Angie, se réveille après plusieurs jours de semi-coma dans une communauté, limite sectaire, et apprend qu’il se trouve au milieu du désert australien à des centaines de kilomètres de toute ville, sans voiture, sans route et sans ses papiers. Ses « ravisseurs » le laissent libre de ses mouvements et le font travailler à remonter sa propre voiture, et lorsque celle-ci est fin prête… Daddy, le chef, la remet en pièce dans la nuit… On apprend à Nick qu’il va devoir épouser Angie, que toute la communauté l’a à l’œil, que sa vie se finit ici, vivant, mais mort…

Pour la suite, lisez les 292 pages qui vous séparent de du dénouement…

Tags:

Les Noctivores

les_noctivoresDans une France post-apocalyptique, un jeune garçon du nom de Cendre est doté de pouvoirs surnaturels. Pour la population et ses parents, c’est le « Sauveur », un instrument de dieu contre les hérétiques. Il est capturé par un gang de rebelles Bretons, mené par la farouche Justine. Mais les choses se compliquent rapidement car ses adversaires, Peter Lerner et Khaleel sont aussi à la poursuite du Sauveur.

Ce livre est le deuxième tome d’une trilogie (Le précédent est « Chromozone » et le suivant « La cité nymphale ») et se situe dans un univers où un virus militaire, le Chromozone, a fait éclater les nations pour le remplacer par une jungle urbaine, forçant les gens à se regrouper en communautés

N’ayant pas lu le précédent tome, je suis quand même bien rentré dans l’histoire, l’auteur,Stéphane Beauverger, amenant les évènements passés par petites touches. C’est assez bien écris, et j’ai ressentis quelque chose qui arrive rarement quand je lis un livre : quand le plaisir de lire une description ou un dialogue supplante celui lié à l’histoire, quand les personnages et l’écriture sont suffisamment forts pour que l’on apprécie le paragraphe en cours en dépit du contexte.

Stéphane Beauverger

Stéphane Beauverger

L’auteur joue bien avec l’écriture donc, mais au détriment de l’histoire qui se termine par deus ex machina un peu facile. On fini le livre un peu sur sa faim, on aurait aimé en savoir plus sur le fonds des chose, sur le monde décrit.

A noter que le livre, dans son édition de La Volte, contient des illustrations subtiles et fait l’objet d’une mise en page non standard, mais soignée et agréable.

Entretien Avec Un Vampire

Couverture EAUVIl est des livres qui prouvent qu’il y a une vie avant la transcription au cinéma : Entretien avec un vampire en est la preuve. Ce livre d’Anne Rice n’est que le premier opus d’une série de cinq. Pour les fans, rien de neuf, mais pour la grande majorité qui a seulement vu le film, c’est souvent une surprise.

Dans ce premier chapitre, Louis, un vampire malheureux de sa condition d’immortelle, en vient à se confier à un journaliste humain. Il décrit sa vie aisée mais sans but en tant qu’humain, sa métamorphose, sa vie avec son « créateur » Lestat et surtout ces doutes qui le conduise a rejeter toute son espèce.

L’originalité de ce livre, si ce n’est la maestria avec laquelle l’auteur intègre ses vampires dans la civilisation sans jamais tomber dans les clichés, est que vous avez entre les mains LE livre écrit et publié par le journaliste/ confident de Louis. Le roman tel que les protagonistes de l’histoire l’auront, et qui va déclencher les foudres de tous les congénères de Louis.

Anna Rice s’est attaqué à un style plutôt difficile. En effet, l’utilisation de vampire en tant qu’ennemi était du plus pur cliché, mais en faire des héros, surtout à la fin des années 70, a conquis tout un public curieux de savoir comment des tueurs sanguinaires pouvaient devenir des protagonistes.

Dès les premières pages, le ton est donné, pas de round d’observation. Les premiers mots de toute la chronique sortent de la bouche de Louis lui-même « Je vois…, dit le vampire d’un air pensif. » Et à partir de là, impossible de décrocher durant cinq volumes. L’évolution des personnages et donc du monde nous sont décrits au travers de plusieurs siècles. Les facettes paradoxales qui font des ces personnages des légendes, Rice les utilise pour toujours faire rebondir l’histoire. Tour à tours sanguinaires, romantiques, dépressives ou imbus d’eux –même, les vampires laissent transparaître des côtés humains (compassion, faiblesse…) comme les humains peuvent s’avérer psychotique et assoiffé de sang.

Vous reconnaîtrez vous-même les scènes mythiques, et vous vous surprendrez à rêver en lisant une scène délicieusement sanglante que vous auriez qualifiés de sordide ou de gore, si le vampire n’était pas LE héros.

C’est toute cette ambiguïté qui fait d’Entretien avec un vampire, une œuvre incontournable du genre.

Tags: , , ,

News : Du changement dans l’air.

ad-bibliophageComme vous avez pu le constater, après 4 ans d’aventure  Bibliophage a fait peau neuve. Sous la houlette de Nicolas, notre site s’est un peu modernisé en prenant un aspect plus blog et plus actuel. Cependant, la « célèbre » lampe logo est toujours présente !

Certes, ce changement nous oblige à remettre les anciens articles un par un… Un peu de boulot pour nous mais un vrai plaisir de voir les critiques sous une forme plus claire. De nouveaux livres et auteurs viendront compléter les actuels.

Nous espérons  que ce renouveau vous plait et qu’il attirera de plus en plus de lecteurs. N’hésitez pas à nous faire part de vos avis et remarques sur le site, les critiques ou autre chose.

Bibliophage est mort ! Vive Bibliophage !

Tags: ,

Le Mythe du Héros

GrandEcran_SuperHerosOn peut écrire sur l’amour, sur la vie, la mort, dans des styles différents comme la science fiction, le documentaire, l’autobiographie…Et pourquoi ne pas écrire sur la littérature elle- même ? Dans Ecriture, Stephen King nous faisait connaître sa vision de la littérature, ce qu’il aime ou n’aime pas dans la façon d’écrire un roman. Le style de chacun est unique, bon ou mauvais. Il y a pourtant certaines choses immuables lorsqu’on écrit un roman et l’homme qui a étudié ce « phénomène » se nomme Joseph Campbell (1904 – 1987), il nous parle du « Mythe du Héros ».

« Ainsi tous les héros mythiques débuteraient leur périple à la suite d’un « appel à l’aventure » – ce qui implique que le héros quitte l’environnement dans lequel il a grandi. Il devra ensuite faire face au « gardien du seuil », premier obstacle dans son voyage qui, une fois franchi (la plupart du temps avec l’aide d’un mentor ou d’un guide spirituel), lui permettra de pénétrer dans un monde plus spirituel – généralement représenté par une forêt sombre, un désert, ou bien une île mystérieuse. Il va y subir une série d’épreuves lui permettant de dépasser son mentor et d’accomplir enfin l’objet de sa quête (le plus souvent une réconciliation avec le père, une union sacrée ou une apothéose) représentant symboliquement l’émancipation. Il retournera ensuite chez lui complètement transfiguré par l’expérience de son voyage initiatique. »

Cet extrait est un résumé d’un essai écrit en 1949 « Les héros aux milles visages ». Vous pourrez bientôt en apprendre plus sur Joseph Campbell dans un prochain édito sur le même sujet. Pour le moment, penchons nous un peu plus sur cet extrait.

Peut- être que cet extrait vous rappelle quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, pensez à Star Wars, Matrix ou encore Le Seigneur des Anneaux… Georges Lucas revendique s’être inspiré des pensées de Campbell pour sa première trilogie. Luke, Obiwan, Dark Vador….

Joseph Campbell

Joseph Campbell

Campbell déclarait même que les Héros étaient importants pour la société puisqu’il véhiculait des moyens universels de s’émanciper et de s’épanouir. En effet, même dans les années 80, des héros comme Conan, Rambo, Sangoku, Musclor, Manimal (et tant d’autres) formaient la jeunesse en mettant en avant l’exemple du personnage bon et se battant pour le bien. Personnage repris dans les cours de récréation par nos charmantes têtes blondes qui déambulait en hurlant à qui voulait l’entendre « Je suis Superman !».

Quasiment totalement masculin, les fillettes elles- même venaient à prendre en exemple les héroïnes moins charismatiques mais tout aussi présentes pour s’identifier. Pour preuve réelle, mes voisines gambadant dans le jardin en s’écriant « On dirait qu’on serait les filles de Julie Lescaut » : véridique ! Jennifer Lauret, aussi belle soit-elle, n’aurait certainement jamais espéré que des jeunes filles la prennent en exemple pour des jeux d’enfants.

Paradoxalement, ces héros qui véhiculaient une image positive se sont vus gentiment remercier par des groupes de protection de l’enfance (Famille de France quand tu nous tiens !!), remplacés par des dessins animés et séries télévisées plus soft.

Alors la question se pose à présent : cette initiative va-t-elle changer la vision du héros aux yeux du public ? La réponse ne sera apportée qu’après quelques années de test sur les enfants d’aujourd’hui bercés par Bob L’Eponge. Après avoir été accusé de rendre nos enfants trop violents, la nouvelle génération de héros pourrait bien être taxée de « débillisation » à outrance. Car franchement, de Ken le Survivant à Patrick l’étoile de mer, le meilleur ami de Bob l’éponge, la côte du héros en prend un sacré coup.

A suivre dans un prochaine édito, un approfondissement des travaux de Campbell…

Tags: , , ,