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Autre-Monde (tome 2 et 3)

Lorsque le premier tome de cet trilogie était sorti, je m’étais dit qu’il ne servait à rien d’attendre les derniers tomes pour publier un article. J’imaginais que, comme pour toutes saga, il faudrait attendre des années pour connaitre la suite et la fin…

Et bien que nenni ! Maxime Chattam a su gérer son débit d’écriture pour nous proposer une trilogie en moins de 3 ans ! Quel bonheur de pouvoir enchainer les pages sans avoir à se souvenir de ce qu’on a lu des années ans avant.

Pour le coup, j’ai décidé de rédiger un seul et unique article pour les deux derniers tomes car l’idée générale est la même.

Dans lignée du tome 1, cette suite et cette fin sont fidèles au ton donné par Chattam. Un style simple dans l’écriture qui permet de ne pas se perdre dans le dédale des mots et des noms inhérents à cette littérature. L’accessibilité est grandement facilitée par une économie de noms compliqués. Les personnages amènent un peu de profondeur tout en restant assez classiques et proches des clichés.

Ces fameux clichés dont je parlais dans la premier tome sont bel et bien présents par la suite.

L’auteur n’est pas sorti du stéréotype du « trio de héros » qui symbolise trois traits de caractère logique : le courageux, le discret qui doute, et la sage. A l’instar de ces protagonistes, l’histoire fonctionne tout en restant… déjà-vu. Les relations entre personnages bon et mauvais, les sacrifices, le dénouement… Pas ou peu de surprises.

Pour être clair, j’ai passé un bon moment à travers cette saga mais (passez moi l’expression) il n’y a pas de quoi se taper le cul par terre. Quand on connait l’incroyable talent de Maxime Chattam dans les thriller, on reste forcément sur sa faim en lisant « Autre-Monde ». Tout comme ça avait été le cas avec « Le 5ème règne », son premier roman. De là à croire qu’il a voulu écrire pour un public plus jeune, il n’y a qu’un pas.

L’envie de créer un univers totalement nouveau, avec son vocabulaire, ses codes est compréhensible. Quel auteur digne de ce nom n’a jamais rêvé de cela ? En prologue du tome 1, Maxime Chattam demandait au lecteur de se laisser emporter dans SON monde, de ne pas chercher de logique. J’ai trouvé ce petit mot très à propos car il utilise cette tempête au début de la saga comme prétexte et les mauvaises langues pourraient facilement parler de manque de crédibilité ou de créativité. En revanche, il est vrai que si on se laisse porter, la mayonnaise peut prendre.

C’est peut-être une solution de facilité pour cet auteur si prolifique mais l’idée de « la tempête » est un des éléments qui me pousse à croire que le public visé n’est pas le même que pour « Prédateurs », « Les arcanes du chaos »  ou autre… En effet, les surnoms que les enfants du romans (les pans) donnent au monde qui les entourent laissent une impression de naïveté. Les cyniks, les gloutons, les longs-marcheurs, les scararmés, les kloropanphylles, les mangeombres… Un vocabulaire à la Harry Potter qui personnellement ne m’a pas convaincu et qui me dérangeait pendant la lecture. C’est un choix d’auteur, que je respecte complètement, mais qui ne m’a pas convaincu.

En conclusion, un bon livre pour les plus jeunes, à priori une déception pour les fans, et du genre, et de l’auteur. Ce n’est pas mauvais, c’est enfantin.

A noter un message final qui dit « Fin du premier cycle d’Autre-Monde. » L’histoire américaine s’achève peut-être pour laisser la place à une saga mettant en scène d’autres héros dans le monde confrontés à cette tempête. A voir…

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Autre-Monde (tome1)

Quand l’un des auteurs préférés de bibliophage sort un nouveau roman, nous sommes sur le pied de guerre. Et quand en plus, Maxime Chattam s’essaye à un nouveau genre, nous devons absolument y aller de notre petit article.

En passant du thriller à la fantasy, Chattam force les barrières du genre. Si le « 5ème règne », l’un de ses premiers romans, partait déjà dans un sens un peu plus SF, il s’était surtout fait connaître par sa « Trilogie du Mal ».

Ici, la prise de risque reste minimale puisque son talent est reconnu et que son roman se passe dans un univers contemporain entre l’heroic-fantasy et le post apocalyptique.

Une grande tempête vient ravager la ville de Matt et Tobias. A l’heure réveille rien n’est plus et ne sera plus jamais comme avant. Mais jusqu’où s’étant ce changement ? Géographique, humain, physiologique…

Pour les habitués de Maxime Chattam, ce roman casse les habitudes de l’auteur. Au début de « Autre Monde », Matt, le jeune héros adolescent, n’a rien des charismatiques personnages habituels qu’on retrouve chez les protagonistes de l’exilé d’Edgecombe. Exit, Joshua Brolin, Craig Frewin… Ici, on se retrouve avec un ado chétif aussi perdu que le lecteur. Puis les évènements font mûrir Matt à vitesse grand V. Il devient plus courageux, plus responsable. Il se découvre en même temps que nous le découvrons. Les changements intervenus chez lui grâce ou à cause de la tempête en font un protagoniste à part entière.

Le monde se redessine à travers les yeux de l’adolescent et nous réapprenons en même temps que lui les lois qui régissent ce nouveau décor.

S’il n’est pas réellement nécessaire de s’étaler sur la qualité de l’écriture, Chattam restant fidèle à lui-même, il faut insister sur la qualité d’adaptation à ce genre sur lequel beaucoup se cassent les dents. Premier tome d’une trilogie, toutes les bases sont efficacement posées pour entamer une épopée digne de ce nom. Chattam évite ainsi de tomber dans les clichés des « premier tome » à savoir, le déferlement de personnage, de monde, de créature. Il s’évertue à présenter son personnage et le monde dans lequel il évolue, point. Pas d’embrouille ou de noyade au milieu des mots.

Même si d’autres clichés font leur apparition, il faudra attendre la suite pour confirmer ou infirmer cette impression…

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La Gloire de l’Edankan

Eldeflar et son tuteur Orufis vivent au château du seigneur Dafur de Guervin et travaillent pour lui, comme beaucoup d’hommes, à la construction de remparts pour le palais. Recueillis dix ans auparavant par Dafur après que leur village de Murgas soit envahi et détruit par des hordes d’orques, Orufis et le jeune garçon se rendent utiles pour toutes les tâches ingrates et difficiles.

Happé par cette vie depuis une décennie, Eldeflar, qui n’est ni plus fort, ni plus malin qu’un autre, et qui n’est pas de sang noble, n’imagine pas sa vie autrement qu’en tant qu’homme à tout faire. Pourtant, son tuteur et ami va devoir répondre à un serment prêté des années auparavant, un serment d’une importance capitale et qui pourrait bien changer la face de leur monde.

Et entre rencontres périlleuses, révélations, prises de conscience et découvertes incroyables, Eldeflar va devoir apprendre et accepter la réalité… pour le bien de tout son royaume.

Lorsque je me suis engagé à lire et à faire une critique de se livre auprès de Xavier de Brabois, son auteur, j’ai eu un peu peur. Etant moi-même fan de fantasy, et écrivant moi-même dans ce registre, j’avais peur de tomber sur une histoire déjà vue, ou de ne simplement pas être emballé.

Et j’avoue que là, grosse surprise. Qui suis- je pour juger ? Me direz vous. Et bien comme vous je suis un lecteur, mais un lecteur qui prend la parole. Et dans ce genre de cas, prendre la parole est un réel plaisir et presque une nécessité. Puisque le genre de la fantasy semble se morfondre et que les fans ne trouvent plus ce qu’ils cherchent, ne faites plus un pas ! J’ai une solution ! Et française en plus ! La gloire de l’Edànkan ! Je me suis fait emporter par ce livre. Mes craintes du début se sont envolées dès les premières phrases et page après page, je me suis laissé prendre par cette histoire rythmée et pleine de surprise.

Tout d’abord, on appréciera l’effort rare et remarquable d’utilisation de la langue. Un langage soutenu qui effraiera peut-être certains d’entre vous, mais qui à mesure que l’on avance se fait plus facile jusqu’à en devenir naturel. Quand il s’agit de décrire un paysage, cette manière d’écrire est tout bonnement magique. Cela prend un aspect plus épique, et laisse facilement imaginer le narrateur contant son histoire alors que les héros vivent leurs aventures. Concernant les dialogues, on peut être un peu gêné puisque seigneurs, guerriers ou paysans gardent ce langage soutenu. Manque de logique et de réalisme ? Peut-être mais c’est justement ce dont Xavier de Brabois se nourrit : la poésie et le féerique. Que ce soit dans les descriptions ou les dialogues, les tournures de phrases prennent un sens poétique.

Voila ! Maintenant qu’on sait que la forme est bonne, qu’en est-il du fond ?

Vous n’aurez entre les mains que le premier volume d’une série de trois. Mais ne vous inquiétez pas, l’aventure commence bien dès ce tome là, et croyez moi, les héros ne chôment pas. Les informations distillées vous emmènent doucement mais sûrement vers le cœur de l’histoire. Toute l’aventure du premier tome se passe sur plusieurs semaines. Pour appuyer l’immensité des terres qu’ils traversent, De Brabois n’hésite pas à faire galoper ses chevaux plusieurs jours durant et patienter ses héros des nuits entières. Le tout en quelques mots ou phrases bien placés. Le lecteur ne sent pas le temps passer dans sa lecture, mais est pris à l’ennui, l’anxiété ou la peur des protagonistes. Les héros sont tous très attachants, femmes, hommes, elfes, humains, joyeux ou mystérieux. On apprend, comme Eldeflar, à les connaître petit à petit et aussi à les aimer.

Un autre point agréable : la séparation des personnages. En groupe, ils partent pour accomplir des petites missions et se séparent plusieurs jours ou semaines, pour se retrouver ensuite. Mais pour nous lecteur, qui suivons parfois les deux histoires parfois une seule, c’est l’implication totale dans tous les cas. Le rythme et les choix de l’auteur quant à l’histoire à suivre sont parfaitement étudié. Rien à jeter que du bonheur.

Pour finir, un détail qui m’a séduit. A plusieurs reprises en fin de chapitre, Xavier lance une petite information pour le lecteur en utilisant le futur, laissant toujours planer un doute, sur les pages ou les tomes suivants, et surtout nous obligeant à tourner les pages tant l’envie nous presse. Impossible de fermer le livre avant la fin.

Pour conclure, fan de fantasy, ou plus simplement d’aventures, foncez ! Et si je n’ai fait aucune allusion à Tolkien et son œuvre, ce n’est pas pour rien. Arrêtons de comparer et lisons ! Nous sommes là pour faire découvrir des auteurs, alors faites moi confiance et jetez vous sur ce livre là.

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Le Don

Ce premier tome de trois nous plonge dans la vie de Wyl Thirsk, un jeune adolescent dont le destin est de remplacer son père à la tête de l’armée de son pays. Les premières pages s’ouvrent sur le décès de celui-ci en combat. Son ami de toujours, le Roi de Morgavia, reste à son chevet et lui promet d’élever son fils comme le sien et d‘en faire un digne chef des armées… Au même moment, Célimus, prince héritier et fils du Roi, commence à comploter…

Quand j’ai lu la 4ème de couv’ de « Le Don », j’ai tout de suite accroché et le fait qu’une femme en soit l’auteur n’a pas été étranger à cela. Je me demandais si un style qui peut-être aussi brutal et violence que l’Héroic- Fantasy pouvait être traité différemment sous la plume d’une femme.

Et je peux vous dire, en tant qu’amateur du genre, que ce livre est génial !

Et si le héros est un personnage attachant, ingénieux et avec qui on ne peut que partager les souffrances, Célimus est incroyable de cruauté et de machiavélisme. Fiona McIntosh nous dresse l’itinéraire d’une haine qui mûrit dans ce personnage des années et des années durant. Le prince passe son enfance à nourrir une haine diabolique contre la famille Thirsk et envers son propre père le Roi, pour des raisons que vous découvrirez rapidement au cours de votre lecture. Et s’il ne peut en aucun cas être aimé des lecteurs, Célimus est impressionnant. Ses agissements et sa détermination vous fera haïr ce personnage au plus haut point. Personnellement, je ne crois pas avoir autant détesté un personnage de littérature.

Parallèlement à tout ça, le courage de Wyl et ses aventures, d’abord au château puis au cours de son périple, en font un héros typique et exemplaire. Un personnage beaucoup plus intérieur pour son entourage mais très expressif pour le lecteur, un personnage très intérieur en fait.

La force de tous ces traits de caractères vient aussi du fait que nous rencontrons ces personnages lorsqu’ils sont âgés d’une quinzaine d’année, et que nous assistons à leur évolution durant 5 ou 6. Concernant les évènements, l’auteur passe une partie de son livre dans un endroit précis, le château, puis le périple commence et elle réussi à nous faire visiter un grand nombre de région tout en gardant un rythme effréné. Tout est bien amené et les descriptions sont bien dosées, les problèmes inhérents parfois au premier tome ne se font pas sentir. Même les nombreux personnages n’empêchent pas l’histoire d’être limpide. Le tout est incroyablement prenant et comme le dis Robin Hobb sur la 4ème de couv’, « ne commencez pas à lire Le Don le soir, surtout si vous devez vous levez tôt le lendemain matin ! »

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Trilogie Valisar : L’Exil

Une nouvelle trilogie est en train de voir le jour sous la plume de Fiona McIntosh : la trilogie des Valisar. Toujours peu en retard, seul le tome 1 est disponible par chez nous.

Pour introduire sa nouvelle épopée, l’auteur a basé son histoire sur un fait simple de son monde. Les Valisar sont une lignée de souverain de Penraven qui possède un pouvoir héréditaire de coercition. L’ennemi de la nation, Loethar le tyran de l’est, se lance alors dans une quête pour s’approprier ce pouvoir. D’après lui, le seul moyen serait de consommer le roi Brennus et ses descendants.

Vous entamerez ce roman, au moment où l’envahisseur anéanti l’une des armées du royaume et où le destin de Brennus emble scellé.

Soyons clairs ! Ceux qui ont aimés la première trilogie aimeront ce tome très très prometteur ! McIntosh reprend quelques ingrédients qui seront certainement quelques unes de ses marques de fabrique et nous offre une superbe histoire.

En premier lieu, Loethar qui est le méchant charismatique et impitoyable. Contrairement à Célimus de sa première trilogie, ce personnage central montre une facette bien plus humaine sous sa cruauté. Il constitue peut-être la pierre angulaire qui maintient le suspens sur les évènements. Célimus tuait à coup sûr, Loethar est réfléchi et joue une partie d’échec en parfait stratège. On dirait parfois que l’auteur à trancher la personnalité de Célimus pour en faire deux ici. Loethar donc, et Stracker, le frère du tyran. Un personnage uniquement cruel mais sans pouvoir politique ou militaire. Un simple bras droit avide de pouvoir… et de petits garçons.

Que ce soit avec Freath, Piven ou avec ses proches, Loethar fait montre d’une certaine, non pas pitié, mais ingéniosité qui le rend beaucoup plus insaisissable que Célimus. Le lecteur, voyeur des actions de tous les groupes de personnages, est même témoin de ses erreurs de jugement dès le début du roman amenant ainsi à saisir les failles de ce tyran et les ouvertures possibles pour les héros.

Ces failles qui permettent à Léo et Gavriel de passer entre les mailles du filet tendu par leur ennemi. Léo, prince puis nouveau Roi de Penraven, est contraint de quitter son pays sous la garde de Gavriel de Vis, tout deux récemment orphelins par la lame de Loethar. Leurs chapitres sont un bonheur pour nous, lecteur, tant leurs situations sont tendues et bien écrites.

Puis il y a le groupe des inconnus, les Investi, ces membre du peuple que la Nature a doté de pouvoir plus ou moins puissant…

Pour l’histoire en elle-même, même topo ! Les pages se tournent sans peine, les évènements se mettent en place petit à petit, les personnages affluent sans embrouiller le lecteur. Pour un premier tome, l’action est au rendez-vous. Le côté « présentation rébarbative » de l’univers est invisible. On appréciera la première partie du livre où les deux héros, Léo et Gavriel, se terrent dans le château mais CHUT ! Je n’en dis pas plus.

Bref, vous l’aurez compris, ce roman m’a emballé et j’attends la suite avec impatience. La multitude de personnages avec pourtant cette clarté propre à la protégée de Robin Hobb et ce scénario parfaitement ficelé en font une trilogie à ne pas manquer.

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