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Le livre électronique : oui ou non ?

  • Difficile de donner un avis objectif à ce sujet… Alors je vais me poser en vieux réac’ :

 

   Les atouts du livre électronique sont évidemment multiples. Le cumul de milliers de pages dans un appareil donc le poids économisé, le gain de place, le prix du livre diminué à l’achat immatériel… Au premier abord, impossible de lutter. Mais si on réfléchit bien, si on se fonde sur notre réel besoin et notre plaisir réel, qu’en est-il ?

    L’erreur serait de faire le parallèle avec le lecteur MP3 qui nous permet de réunir des milliers de chansons dans une petite machine. Pour le coup, l’utilité est évidente. Même à l’époque des bons vieux baladeurs cassettes, nous passions des heures à créer nos propres « mixtapes » et déjà, c’était la quantité qui prévalait. Avoir toutes les meilleurs chansons de tous nos artistes préférés, logique ! Nous emportions plusieurs de ces K7 dans nos petits sacs sans que cela soit vraiment encombrant.

   Mais pour la littérature ? Quelle utilité d’avoir ne serait-ce que 10 livres sur soi ? Personnellement, même si mes 10 livres préférés ne pesaient que 5 grammes chacun pour la taille d’un briquet, je ne les garderais pas en permanence sur moi. Quel intérêt ? Déjà que je n’écoute pas la moitié des chansons de mon lecteur. Mais au final, on écoute toujours la musique de la même manière, c’est surtout le support qui change.

   Pour la lecture, le changement qui se profile est tout de même plus radical.Au pire des cas, aujourd’hui( Hors étudiant ou professeur) nous avons quoi ? Deux livres dans nos sacs ou sacoches. Celui qu’on s’apprête à finir et celui qu’on va commencer. Et combien sommes-nous à avoir réellement et souvent deux livres à la fois ?… Bref, si vous transportez deux tomes qui ne sont pas de poche, alors oui, certes, ça prend de la place et ça pèse plus qu’un livre électronique. 

   Mais la seule vraie bonne raison de s’équiper de cette nouvelle technologie est pour les voyages. Là, effectivement, le gain de place et de poids est très avantageux. Critiquer l’autonomie de la batterie serait une mauvaise idée puisque les derniers modèles peuvent tenir 2 semaines et un mois en veille. En revanche, il faut s’attendre à mettre le prix. S’il est possible de trouver des modèles neufs aux environ de 170 euros, vous pouvez compter 300 euros pour les modèles plus récents. (Qui a dit autant payer plus cher et acheter un i-Pad ?).

 

  • Après, viennent les problèmes qui amènent les divergences d’opinions incontournables.

   Le confort de lecture sur écran d’abord. J’admets que ce n’est pas aussi désagréable que sur un ordinateur mais c’est tout de même différent et chacun devra essayer pour se rendre compte de sa propre tolérance. Puis il y a le simple fait de ne pas tenir l’objet-livre entre vos mains, de pas tourner les pages, le toucher du papier, l’odeur…  Enfin, les puristes me comprendront, il y a ce simple fait de posséder le livre, sa couverture qui se corne, la présence de l’ouvrage sur nos étagères, le fait de le transmettre, de se créer sa bibliothèque… ou sa dvdthèque, ou sa ludothèque . Et là, je sens tout le poids de mon âge me retomber sur les épaules et j’entends l’échos de mes grands-parents murmurer « C’était mieux avant hein ? Ptit con »… Aïe !

   Alors au final qu’est ce qu’on apprend de tout ça? Et bien que l’adaptation à ce genre de changement sera individuelle. Il faut essayer pour se rendre compte si on est près ou non à passer ce cap. Pour ma part, c’est beaucoup trop tôt mais j’aime la possibilité d’avoir le choix. L’idée même d’avoir mille livres à portée de main dans un appareil gros comme… un livre… reste fascinant.

   Et vous ? Où en êtes-vous ?

Le complexe du Corn-flakes

Cette édito risque de m’attirer les foudres de ceux qui pensent qu’en France, nos artistes sont aussi talentueux et productifs que les artistes… anglophones.

Alors oui, quitte à me faire lapider en place publique, quitte à devoir vendre mon corps à la science pour vous satisfaire, je le dis haut et fort : les anglophones sont meilleurs que nous.

Je vous vois déjà bouillir en vous disant « Mais c’est faux, nous avons Zola, Hugo, Molière, Manet, Monet, Besson, Depardieu… » Mais oui ce sont des artistes énormes, sensationnels, qui ont marqué et marqueront leurs époques, je ne remets pas ça en cause. Mais quand nous sommes bons, ils sont très bons, et si nous arrivons à être très bons, alors ils deviennent divins.

Nous n’avons pas de King, pas de Poe, de Conan Doyle, de Straub… En musique, je peux comprendre que les français n’arrivent pas à s’exporter puisque la langue est un vrai barrage, mais en littérature, les traductions sont légions, et nous n’arrivons à sortir de nos frontières.

À vrai dire, ce n’est pas tant le talent que je remets en cause ici, mais plutôt la mise en lumière des artistes inconnus.

Les romans anglophones arrivent à être traduits dans de nombreux pays et la cause directe est la médiatisation et la mentalité. Chez nous, un livre fantastique ou de SF ou de Fantasy sera considéré comme « enfantin » et donc négligé. Est-ce que King est négligé outre Atlantique ? Et Masterton outre Manche ? Non, ils sont plébiscités et même médiatisés ! Lorsque l’un d’eux sort un livre, le monde entier le sait alors que par chez nous, seul les livres intellectuelles sont invités à être présenté sur les plateaux de télévision (Houellebecq, Beigbeder, BHL…). Hormis Marc Levy, il est rare de voir Fred Vargas, Maxime Chattam, Romain Sardou, Granget… Les romans non-intellectuels souffrent de la même mauvaise réputation que les jeux vidéo dans les années 80, ou de le rock dans les années 60.

Un problème de moyen ? D’élitisme ?

Quand les maisons d’édition se rendront compte que ce style est un marché à part entière, alors peut-être qu’enfin certains auteurs verront le jour et la littérature française prendra une autre dimension. Pas mieux. Pas pire. Mais différente et en harmonie avec son époque.

Car il est évident que nombre d’auteurs fantastique français s’essayent et créent même des œuvres intéressantes et lorsque le courage leur prend d’envoyer leur « bébé » à une maison d’édition, la seule réponse qu’ils obtiennent est « ne correspond pas notre ligne éditorial ». Et je sais de quoi je parle, j’en ai une quinzaine sous les yeux à mon nom.

Aux Etats –Unis, un auteur arrive à publier une soixantaine de livre, en une carrière. Ecrivain d’horreur, de héroïque- fantasy est un métier, et pas seulement du beurre dans les épinards, pas un genre à part pour les lecteurs non-intellectuels. Dénigrer ces lecteurs revient à dénigrer ceux qui écoutent de la variété française plutôt que de la musique underground. Ou à clouer aux piloris les fans de blockbuster pour privilégier les amateurs de films d’auteurs.

Les anglophones ont une culture de cette littérature et cela se ressent aussi dans le nombre impressionnant de prix et de récompenses qui sont distribués au cours d’une année.  Du jeune auteur fantastique, au meilleur roman étranger, en passant par le plus vendu, et des dizaines d’autres. Dans l’hexagone, hormis le Goncourt, il est difficile d’en citer un autre… Et celui là ne sera jamais décerné à un auteur comme Levy ou Granget. Aujourd’hui, ce sont les magazines ou journaux qui prennent les devants pour porter à la lumière des auteurs que leurs propres lecteurs apprécieront. Amen !

Un jour, Jean-Pierre Mocky s’est lâché à la télé en déclarant « que les artistes français n’avaient pas de couilles » car il ne prenait pas de risques, et que les budgets étaient minables. Et à vrai dire ce jour là, j’ai été soulagé d’entendre un professionnel se soulever. Mais sont-ce les auteurs, créateurs qui ne prennent pas de risques ? Ou ceux qui détiennent les clés (Producteurs, éditeurs, maisons de disque…)

Ce qui est frustrant, c’est que les anglophones ne sont meilleurs que sur la forme. Dans le fonds 60 millions de français arrivent à créer autant et aussi bien que n’importe qui, mais le dédain de certaines parties des artistes et surtout des dirigeants est un blocage évident à l’évolution de tous les arts en France.

Masterton / Koontz : des auteurs inconnus ?!

Dans le registre du fantastique ou de la terreur, il existe nombre d’auteur qui malgré leur talent ne sont pas connus du grand public. Il paraîtrait qu’en matière de littérature, et de musique, les français n’aiment pas prendre de risque et préfèrent rester dans les valeurs sûres. Comment pourrait-on leur en vouloir quand Stephen King arrive à sortir des livres aussi rapidement qu’un pizzaïolo ses pizzas. Avec la qualité qu’on lui connaît, pourquoi aller se perdre dans des auteurs du même genre avec un talent moins reconnu ?

Et bien, ce petit édito va peut être vous permettre de découvrir deux auteurs qui méritent vraiment le détour. À travers ce site, vous pourrez découvrir des critiques de certains de leurs livres mais pour vous faire une idée plus précise, je vous invite à lire ce qui suit.

De mon point de vue, les deux grandes lignes qui séparent Masterton et Koontz sont l’utilisation et la vision de l’ennemi du héros, et la description en général.

Concernant l’ennemi, Masterton a une vision plus pragmatique. Les renseignements qu’il distille sur lui sont « utiles » et expliquent le pourquoi de son comportement, et vraisemblablement, chaque indice est donné pour une bonne raison. Après la lecture, nous avons une idée assez précise du personnage pendant l’aventure, et de ce qui l’a conduit à devenir cette entité mauvaise, mais pas de sa vie de tous les jours. La lumière est clairement mise sur le héros, tout en se gardant bien d’en faire une icône. Comme si le but de tout cela était de lisser les personnages pour les rendre plus proches de nous.

Pour Koontz, le mal incarné par le personnage est le contre poids du bien et à ce titre, il mérite une description aussi poussée, aussi bien quantitativement que qualitativement. On connaît ses activités, ses pensées profondes, ses objectifs et sa haine pour les personnes symbolisées par le héros, si bien qu’on en vient à se demander qui est vraiment le personnage principal de l’œuvre. On aime ou on n’aime pas, pourtant, l’effort que Dean Koontz met dans sa plume pour rendre la thèse et l’antithèse est surprenant. Un chapitre sur deux étant consacré tour à tour au héros et à l’antihéros.

Les descriptions qui ponctuent leurs livres respectifs suivent également le processus décrit au dessus. Quand Koontz met une page entière à nous décrire un lieu important, Masterton n’utilisera qu’une demi-page. La différence est simple. Le premier n’omettra aucun détail et poussera (parfois trop ?) le verbe ; le dernier restera concis et précis pour ne pas perdre de vue le fil de l’histoire.  Impossible de juger si tel ou tel technique est meilleur, et je vous laisserai, lecteurs, le choix des armes car les avis sont très partagés sur l’utilisation de la description exhaustive. D’un côté, ce qu’on gagne en rythme, on le perd en mise en scène, de l’autre, ce qu’on gagne en ambiance, est perdu en spontanéité.

En conclusion, deux auteurs, deux styles mais un seul genre : le fantastique. En complément de la lecture des critiques qui leur sont consacrés, j’espère que ce petit sujet vous aura aidé à lâcher le Dieu King pour vous risquer entre des pages inconnues de ces deux auteurs pas si inconnus.

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Lost In Translation…

Si le milieu de la traduction reste assez flou pour nous autres consommateurs, nul doute que nos amis du marketing et pourfendeurs de projets bancals des maisons d’édition aiment y ajouter leur grain de sel pour assurer une petite poussée des ventes.

Evidemment, ils ne peuvent pas changer le nom des personnages, ou l’histoire en elle-même, mais ils s’assurent tout de même que la première chose que les lecteurs verront sera « accrocheur ». Et quelle est la chose que nous voyons en premier en prenant un livre ? Le titre, bien sûr.

Peut- être n’avez-vous jamais prêté attention à cela lorsque vous choisissiez un livre, la 4ème de couv’ étant là pour vous guider. Mais personnellement, j’aime choisir un livre par son titre, et lorsque je n’y prends pas garde, je me laisse flouer par ses métamorphoses proche de la science fiction que nous apportent les conseillers-en-changement-de-titre-pour-vendre-plus et propre au marché français ; les autres pays gardant souvent le titre original.

Quelques exemples bien sentis :

- Dark rivers of the heart (Les rivières noirs du coeur) devenu La Porte Rouge.

- Blue moon (La lune bleue) transformé en La Cache du Diable.

- The house that Jack built (La maison construite par Jack) métamorphosé en Walhalla.

- Family Portrait (Portrait de famille) « astucieusement » renommé Le Portrait du Mal.

Seulement, d’après les conseillers en vente, il manque quelque chose dans les titres traduits. Et tout le secret des ventes par milliers se résume en quelques mots magiques à ajouter dans les titres français. Peur, Diable, Mal, Ténèbre, Mort, Sang et bien d’autres qui à coup sûr nous ferons acheter les livres comme des psychopathes en herbe que nous sommes. Les exemples se comptent par milliers chez les auteurs qui ne font pas vendre par leur nom. La prochaine fois que vous irez chez votre libraire, jetez un coup d’œil, il y a quelques transformations proche du comique.

Dan Brown n’étant pas connu avant son Da Vinci Code, il a échappé à ce drame par la fulgurance des ventes. Dans le cas contraire, Anges et Démons serait devenu Les Illuminatis contre attaque, et le Da Vinci Code, La Joconde de tous les dangers. Au lieu de taper sur ces pauvres responsables marketing, je devrais plutôt chercher les raisons de ces mutilations littéraires. Et il est vrai qu’avec le déclin de la Science-Fiction, des livres dit d’Horreur ou de Terreur, depuis une quinzaine d’année, tous les moyens sont bons pour attirer du public. Même vendre son âme au diable, avec des raccourcis et des pirouettes plus commerciales qu’artistiques.

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Le Mythe du Héros

GrandEcran_SuperHerosOn peut écrire sur l’amour, sur la vie, la mort, dans des styles différents comme la science fiction, le documentaire, l’autobiographie…Et pourquoi ne pas écrire sur la littérature elle- même ? Dans Ecriture, Stephen King nous faisait connaître sa vision de la littérature, ce qu’il aime ou n’aime pas dans la façon d’écrire un roman. Le style de chacun est unique, bon ou mauvais. Il y a pourtant certaines choses immuables lorsqu’on écrit un roman et l’homme qui a étudié ce « phénomène » se nomme Joseph Campbell (1904 – 1987), il nous parle du « Mythe du Héros ».

« Ainsi tous les héros mythiques débuteraient leur périple à la suite d’un « appel à l’aventure » – ce qui implique que le héros quitte l’environnement dans lequel il a grandi. Il devra ensuite faire face au « gardien du seuil », premier obstacle dans son voyage qui, une fois franchi (la plupart du temps avec l’aide d’un mentor ou d’un guide spirituel), lui permettra de pénétrer dans un monde plus spirituel – généralement représenté par une forêt sombre, un désert, ou bien une île mystérieuse. Il va y subir une série d’épreuves lui permettant de dépasser son mentor et d’accomplir enfin l’objet de sa quête (le plus souvent une réconciliation avec le père, une union sacrée ou une apothéose) représentant symboliquement l’émancipation. Il retournera ensuite chez lui complètement transfiguré par l’expérience de son voyage initiatique. »

Cet extrait est un résumé d’un essai écrit en 1949 « Les héros aux milles visages ». Vous pourrez bientôt en apprendre plus sur Joseph Campbell dans un prochain édito sur le même sujet. Pour le moment, penchons nous un peu plus sur cet extrait.

Peut- être que cet extrait vous rappelle quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, pensez à Star Wars, Matrix ou encore Le Seigneur des Anneaux… Georges Lucas revendique s’être inspiré des pensées de Campbell pour sa première trilogie. Luke, Obiwan, Dark Vador….

Joseph Campbell

Joseph Campbell

Campbell déclarait même que les Héros étaient importants pour la société puisqu’il véhiculait des moyens universels de s’émanciper et de s’épanouir. En effet, même dans les années 80, des héros comme Conan, Rambo, Sangoku, Musclor, Manimal (et tant d’autres) formaient la jeunesse en mettant en avant l’exemple du personnage bon et se battant pour le bien. Personnage repris dans les cours de récréation par nos charmantes têtes blondes qui déambulait en hurlant à qui voulait l’entendre « Je suis Superman !».

Quasiment totalement masculin, les fillettes elles- même venaient à prendre en exemple les héroïnes moins charismatiques mais tout aussi présentes pour s’identifier. Pour preuve réelle, mes voisines gambadant dans le jardin en s’écriant « On dirait qu’on serait les filles de Julie Lescaut » : véridique ! Jennifer Lauret, aussi belle soit-elle, n’aurait certainement jamais espéré que des jeunes filles la prennent en exemple pour des jeux d’enfants.

Paradoxalement, ces héros qui véhiculaient une image positive se sont vus gentiment remercier par des groupes de protection de l’enfance (Famille de France quand tu nous tiens !!), remplacés par des dessins animés et séries télévisées plus soft.

Alors la question se pose à présent : cette initiative va-t-elle changer la vision du héros aux yeux du public ? La réponse ne sera apportée qu’après quelques années de test sur les enfants d’aujourd’hui bercés par Bob L’Eponge. Après avoir été accusé de rendre nos enfants trop violents, la nouvelle génération de héros pourrait bien être taxée de « débillisation » à outrance. Car franchement, de Ken le Survivant à Patrick l’étoile de mer, le meilleur ami de Bob l’éponge, la côte du héros en prend un sacré coup.

A suivre dans un prochaine édito, un approfondissement des travaux de Campbell…

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