Archives pour la catégorie Conte fantastique

Harry Potter et les Reliques de la Mort

Difficile de parler du septième et dernier tome de Harry Potter, de celui qui clôt la saga après toutes ces années, sans évoquer les six premiers tomes. Pour ma part, j’ai découvert l’histoire de ce jeune garçon au destin exceptionnel lors de la sortie du deuxième tome, avant la déferlante de la Pottermania en France et dans le monde, et j’ai tout de suite accroché : j’avais sous les yeux une vraie histoire fantastique, bien écrite, bien menée, avec de l’humour, du suspense, de l’action, des personnages et un univers attachant, peut-être destinée à l’origine aux enfants mais tout aussi captivante pour les adultes. Et tous ces éléments se retrouvent dans l’ensemble des tomes, pour créer au final une aventure épique, à la fois fantastique et familière, une épopée dans laquelle on plonge et replonge volontiers à chaque fois.

Bien sûr, au fil des aventures du jeune Harry, tous les lecteurs ont pu constater une évolution : le héros et ses amis grandissent, gagnent en maturité, mais surtout le monde dans lequel ils évoluent est de plus en plus obscur et inquiétant. Les quatre premiers volumes sont une mise en place de l’univers, avec une véritable montée en puissance qui atteint son paroxysme avec la fin haletante du quatrième tome, puis dès le cinquième, en forme de pause, J.K. Rowling pose les bases de ce que va être la suite, en introduisant des nouveaux personnages, des nouvelles perspectives pour Harry. De mon côté, après un enthousiasme débordant à la lecture des quatre premiers tomes, j’avoue avoir été un peu déçu par ces cinquième et sixième opus, j’avais l’impression d’être carrément passé à autre chose, une autre histoire presque, avec moins de magie, moins de rythme…

Mais exactement dix ans après la sortie de Harry Potter à l’école des sorciers, Rowling confirme avec Harry Potter et les Reliques de la Mort son talent de narratrice, ou peut-être plutôt de conteuse, balayant presque dès les premières pages toutes les craintes qu’on aurait pu avoir sur une éventuelle baisse de régime de la série, peut-être due à une trop forte médiatisation. Ce dernier épisode est la conclusion parfaite à l’histoire de Harry, de Ron, d’Hermione et de tous les autres. On ne s’en rend pas compte tout de suite, mais c’est comme la dernière pièce d’un puzzle qui s’imbriquerait parfaitement avec le reste, ne laissant aucun trou, aucun défaut.

Même seul, sorti du reste de la série, ce septième tome est un livre hors du commun, une histoire géniale de vie, d’amour et de mort, l’éternelle histoire du combat entre le bien et le mal revisitée avec talent. Le rythme est mené tambour battant quasiment tout le long, et on est complètement aspirés dans l’histoire, on cherche, on doute, on souffre, on se bat aux côtés de Harry et des autres. Si on avait constaté une évolution au fil des tomes vers un monde et une histoire de plus en plus sombres, on en a également la confirmation avec ce dernier épisode, qui ne fait aucun cadeau, qui va jusqu’au bout des choses sans retenue. Et on en vient presque à se demander si Harry Potter est encore un livre pour enfants. Car dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, on ne compte plus les blessés, les torturés et les morts ; la violence, physique et psychologique, est omniprésente. Mais elle permet aussi justement de faire ressortir encore plus vivement tout ce qu’il y a de bon chez ces personnages qui se battent pour défendre les idéaux qui leur tiennent à cœur. Et finalement, ce qui fait aussi le succès des Harry Potter, c’est sans aucun doute la faculté qu’a l’auteur de nous renvoyer une image si réaliste de notre propre monde, mais vue à travers ce miroir magique, tellement fascinant.

Au final, ce dernier volume est vraiment réussi, la fin parfaite d’une saga déjà rentrée dans les annales, et je ne sais pas ce que Rowling a prévu pour la suite, mais quoi qu’il en soit, elle peut se reposer un peu. Elle a déjà gagné sa place aux côtés de Charles Perrault, des frères Grimm, de Hans Christian Andersen, ou plus récemment de Roald Dahl, tous ces génies qui ont su de tout temps raconter de belles histoires aux enfants, fantastiques et terrifiantes, pour les prendre par la main et les mener vers le monde des adultes…

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La Maison Enragée

Un recueil de nouvelles écrit de la main d’un des plus vieux et plus prolifiques auteurs américains, ça se fête… Ou pas ! Pour un lecteur comme moi, ce fut une grosse déception. Analysons rapidement le pourquoi du comment.

Une nouvelle est toujours compliquée à écrire puisqu’il faut tout dire en moins de pages. C’est dit ! Maintenant, j’ai vraiment, vraiment eu l’impression que dans ce receuil Matheson n’avait pas grand chose à dire. Sur les 7 histoires présentes dans ces pages, il n’y en a guère que 2 ou 3 « acceptables ».

La Maison Enragée, la nouvelle éponyme, se laisse lire assez facilement car elle installe assez rapidement una amosphère pesante et malsaine qui se conclut bien. Le personnage principal pose immédiatement le décors et le ton du scénario.

Une bonnes parties des autres nouvelles se déroulent dans le futur et là, grosse boulette. On ne sait pas trop quand, quoi, pourquoi. Le temps de se mettre dans l’histoire, elle est déjà finie. Matheson est obligé de développer les évènements sans même connaitre l’univers et les raisons qui poussent le héros à agir ainsi. Le contexte étant inconnu, les raisons qui poussent les personnages à agir sont floues et assez inexplicables. Pas de tenant, ni d’aboutissant. La première nouvelle résume bien toutes les autres du même style…

Je n’ai même pas envie de m’étendre plus que nécessaire.

Note cinglante et réminiscence de « Je Suis Une Légende » pour me rassurer.

Pardon Richard !!!!!

Le Portrait de Dorian Gray

Dorian GrayVoici l’une des œuvres majeures d’Oscar Wilde. Le portrait de Dorian Gray est tout simplement envoûtant. Dans mon expérience de lecture, jamais il me semble un auteur n’avait mis autant de talent et de virtuosité dans la forme de son écriture.

Si le fond relate une histoire intéressante, l’esthétique de l’écriture soutient tout l’intérêt de ce chef d’œuvre.

Wilde créé trois personnages qui symbolisent ses trois grands traits de caractère. Lord Henry, Dorian Gray et Basil Hallward traduisent chacun à leur façon, les doutes, les talents et les questionnements de l’auteur.

Chaque page mettant en scène Lord Henry, le proche ami cynique de Gray, est une mine d’or de citations, de philosophies accrocheuses. Le discours sur la jeunesse qui commence par « La beauté est une forme de génie, elle est même supérieure au génie puisqu’elle se passe d’explication… » est tout simplement génial. Sa vision de la vie, de ses contemporains, de son époque, tout ce que lui fait dire Oscar Wilde vaut le détour et le plaisir d’ouvrir ce roman.

Basil Hallward, le peintre auteur du portrait de Dorian Gray, est quant à lui beaucoup moins marquant. Il symbolise les doutes de l’artiste en général et de Wilde en particulier. Qu’arrive-t-il quand notre muse s’envole ? Les doutes permanents d’un créateur, presque pathétique face à la beauté de Dorian et au cynisme d’Henry.

OscarWilde2Dorian Gray n’est finalement qu’un instrument. L’instrument de Wilde qui plonge son personnage dans l’horreur comme pour exorciser l’horreur qu’il craint dans la réalité. L’instrument de Lord Henry qui prend Gray sous son aile et lui inculque tout le cynisme dont il use et abuse. L’instrument de Basil qui dit ne plus rien pouvoir peindre de bon sans Dorian.

Il est presque inutile de plus s’attarder ! Lisez-le c’est tout ! Il suffit d’ouvrir le livre au hasard pour trouver un bon mot, une remarque pertinente ou une citation qu’on aura à cœur d’apprendre tellement elles sont véridique même un siècle plus tard. Universel, à l’instar de Molière ou Shakespeare, Wilde ne vieillit pas et demeure incroyablement moderne.

Certaines collections proposent les « clefs de lecture » pour mieux comprendre l’œuvre. Je vous le conseille pour déchiffrer les petites subtilités et symboles.

Un vrai coup de cœur !

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