Quand l’un des auteurs préférés de bibliophage sort un nouveau roman, nous sommes sur le pied de guerre. Et quand en plus, Maxime Chattam s’essaye à un nouveau genre, nous devons absolument y aller de notre petit article.
En passant du thriller à la fantasy, Chattam force les barrières du genre. Si le « 5ème règne », l’un de ses premiers romans, partait déjà dans un sens un peu plus SF, il s’était surtout fait connaître par sa « Trilogie du Mal ».
Ici, la prise de risque reste minimale puisque son talent est reconnu et que son roman se passe dans un univers contemporain entre l’heroic-fantasy et le post apocalyptique.
Une grande tempête vient ravager la ville de Matt et Tobias. A l’heure réveille rien n’est plus et ne sera plus jamais comme avant. Mais jusqu’où s’étant ce changement ? Géographique, humain, physiologique…
Pour les habitués de Maxime Chattam, ce roman casse les habitudes de l’auteur. Au début de « Autre Monde », Matt, le jeune héros adolescent, n’a rien des charismatiques personnages habituels qu’on retrouve chez les protagonistes de l’exilé d’Edgecombe. Exit, Joshua Brolin, Craig Frewin… Ici, on se retrouve avec un ado chétif aussi perdu que le lecteur. Puis les évènements font mûrir Matt à vitesse grand V. Il devient plus courageux, plus responsable. Il se découvre en même temps que nous le découvrons. Les changements intervenus chez lui grâce ou à cause de la tempête en font un protagoniste à part entière.
Le monde se redessine à travers les yeux de l’adolescent et nous réapprenons en même temps que lui les lois qui régissent ce nouveau décor.
S’il n’est pas réellement nécessaire de s’étaler sur la qualité de l’écriture, Chattam restant fidèle à lui-même, il faut insister sur la qualité d’adaptation à ce genre sur lequel beaucoup se cassent les dents. Premier tome d’une trilogie, toutes les bases sont efficacement posées pour entamer une épopée digne de ce nom. Chattam évite ainsi de tomber dans les clichés des « premier tome » à savoir, le déferlement de personnage, de monde, de créature. Il s’évertue à présenter son personnage et le monde dans lequel il évolue, point. Pas d’embrouille ou de noyade au milieu des mots.
Même si d’autres clichés font leur apparition, il faudra attendre la suite pour confirmer ou infirmer cette impression…
