Il est des livres qui ne laissent pas indifférents et qui fédèrent autour d’eux une effervescence et des générations de fans… Nécropolis ne fait pas parti de ces livres…
Attention, non pas qu’il soit mauvais mais il est simplement passé inaperçu, en tout cas en France, malgré les critiques dithyrambiques. En cherchant à me renseigner sur ce roman et son auteur, je n’ai pas pu trouver grand chose si ce n’est que son livre le plus célèbre est « La nuit du solstice ».
Nécropolis est pourtant une merveille d’immersion et de découverte de la vie new-yorkaise des années 70/80. Le héros principal étant le directeur de l’institut médico légal de la grosse pomme, le lecteur peut suivre à travers lui toutes les facettes glauques et secrètes de cette ville mythique. Un personnage acerbe, antipathique, décrié, une sorte de docteur House avec 30 ans d’avance et en plus tégneux.
Paul Konig est un personnage comme on les aime. Il n’y a aucune malice dans son comportement agressif et dictatorial. C’est un homme de plus de 60 ans qui a vu et vécu des choses à travers son métier et qui s’est laissé dominer par ses peurs, ses colères et ses problèmes personnels. Il n’a pas d’humour. Ce livre n’a pas d’humour ! Il est rempli de relations conflictuelles, intransigeantes mais tellement crédibles. Un livre plein de tension personnalisé par Konig. Il est New- York, il subit New-York, il vit New- York.
Avec du recul, je pense que le succès de ce roman réside dans un fait simple ; nous suivons la vie d’un homme. Tout simplement. Ce n’est pas une enquête, ni un flash sur un
instant tragique de sa vie…. Enfin, pas tout à fait…
En effet, ces 600 pages plongent le médecin, et le lecteur, dans différentes histoires que ce ponte de la vie new-yorkaise devra régler avec ses talents et ses inimitiés. Deux cadavres non-identifiés et mutilés à reconstituer, des rumeurs de trafique de cadavres au sein de son établissement, la désignation du successeur à son poste, ses problèmes physiques et personnels (qui sont peut-être le seul aspect romancer… et pas le plus intéressant). Paul se confronte à la hiérarchie, à l’administration, à ses décisions passées et futures… Une vraie vie d’homme qui passe du génie à la folie.
Bien entendu, le tout est rédigé à la perfection pour ce genre de roman noir. C’est un livre qui nous salit, qui ne laisse pas indifférent, qui dégouline de la noirceur du monde de Paul Konig. Un régal !
