l-age-de-diamantCe livre a obtenu le prestigieux prix Hugo en 1996, et c’est à mon avis tout à fait mérité. Vous avez là une véritable fresque cyberpunk comme on en fait plus, mâtinée d’un romantisme affirmé et une vraie réflexion sur l’avenir de nos sociétés. Stephenson n’a pas son pareil pour décrire des univers originaux, et après Snow Crash, il continue d’explorer nos futurs possibles.

Dans un avenir pas si lointain, la vie est cernée par les technologies (robots, IA, nanotechs, univers virtuels…) et l’humanité s’est repliée en une multitude de groupes revendicatifs. On suit plus particulièrement l’une de ces sociétés, le groupe des Néo-Victoriens, ayant pour but d’étendre la morale victorienne, selon eux dernier rempart de civilisation et d’étique dans une Chine sombrant dans le chaos.

Dans ce contexte, l’ingénieur en chef Hackworth à une mission, créer un manuel pour jeune filles qui aurait pour but l’éducation et la promulgation des valeurs victoriennes (d’où le sous titre amusant du roman : Le manuel illustré d’éducation pour jeunes filles). Il réussi sa tache, mais le prototype est volé et tombe entre les mains d’une petite fille pauvre de Shangaï, Nell. On observe l’évolution de Nell et son apprentissage avec le livre, qui est en fait une super intelligence artificielle qui sert a la fois de professeur et de maman. Le livre entraîne Nell avec des contes didactiques et des exercices, toujours adaptés à la situation du moment, et qui permettent à la petite fille de se sortir des ennuis. J’ai particulièrement apprécié comment le livre lui enseigne l’art de la programmation en intégrant dans un conte une métaphore sur les machines de Turing !

neal_stephensonL’histoire en elle-même est un peu complexe, suit de nombreuses évolutions et digressions, et au final Stephenson fini par perdre la trame principale (la recherche du prototype perdu et la fuite de Nell), pour se fourvoyer dans quelques intrigues secondaires moins intéressantes. On aurait aimé une histoire un peu plus structurée et plus centrée sur Nell et Hackworth. Mais l’auteur fait un merveilleux travail pour faire vivre son monde, et le voyage est toujours intéressant.

C’est un bon livre, et l’idée du manuel est originale et bien exploitée, et même avec quelques faiblesses ce roman est largement au dessus de la moyenne.