Le livre électronique : oui ou non ?

  • Difficile de donner un avis objectif à ce sujet… Alors je vais me poser en vieux réac’ :

 

   Les atouts du livre électronique sont évidemment multiples. Le cumul de milliers de pages dans un appareil donc le poids économisé, le gain de place, le prix du livre diminué à l’achat immatériel… Au premier abord, impossible de lutter. Mais si on réfléchit bien, si on se fonde sur notre réel besoin et notre plaisir réel, qu’en est-il ?

    L’erreur serait de faire le parallèle avec le lecteur MP3 qui nous permet de réunir des milliers de chansons dans une petite machine. Pour le coup, l’utilité est évidente. Même à l’époque des bons vieux baladeurs cassettes, nous passions des heures à créer nos propres « mixtapes » et déjà, c’était la quantité qui prévalait. Avoir toutes les meilleurs chansons de tous nos artistes préférés, logique ! Nous emportions plusieurs de ces K7 dans nos petits sacs sans que cela soit vraiment encombrant.

   Mais pour la littérature ? Quelle utilité d’avoir ne serait-ce que 10 livres sur soi ? Personnellement, même si mes 10 livres préférés ne pesaient que 5 grammes chacun pour la taille d’un briquet, je ne les garderais pas en permanence sur moi. Quel intérêt ? Déjà que je n’écoute pas la moitié des chansons de mon lecteur. Mais au final, on écoute toujours la musique de la même manière, c’est surtout le support qui change.

   Pour la lecture, le changement qui se profile est tout de même plus radical.Au pire des cas, aujourd’hui( Hors étudiant ou professeur) nous avons quoi ? Deux livres dans nos sacs ou sacoches. Celui qu’on s’apprête à finir et celui qu’on va commencer. Et combien sommes-nous à avoir réellement et souvent deux livres à la fois ?… Bref, si vous transportez deux tomes qui ne sont pas de poche, alors oui, certes, ça prend de la place et ça pèse plus qu’un livre électronique. 

   Mais la seule vraie bonne raison de s’équiper de cette nouvelle technologie est pour les voyages. Là, effectivement, le gain de place et de poids est très avantageux. Critiquer l’autonomie de la batterie serait une mauvaise idée puisque les derniers modèles peuvent tenir 2 semaines et un mois en veille. En revanche, il faut s’attendre à mettre le prix. S’il est possible de trouver des modèles neufs aux environ de 170 euros, vous pouvez compter 300 euros pour les modèles plus récents. (Qui a dit autant payer plus cher et acheter un i-Pad ?).

 

  • Après, viennent les problèmes qui amènent les divergences d’opinions incontournables.

   Le confort de lecture sur écran d’abord. J’admets que ce n’est pas aussi désagréable que sur un ordinateur mais c’est tout de même différent et chacun devra essayer pour se rendre compte de sa propre tolérance. Puis il y a le simple fait de ne pas tenir l’objet-livre entre vos mains, de pas tourner les pages, le toucher du papier, l’odeur…  Enfin, les puristes me comprendront, il y a ce simple fait de posséder le livre, sa couverture qui se corne, la présence de l’ouvrage sur nos étagères, le fait de le transmettre, de se créer sa bibliothèque… ou sa dvdthèque, ou sa ludothèque . Et là, je sens tout le poids de mon âge me retomber sur les épaules et j’entends l’échos de mes grands-parents murmurer « C’était mieux avant hein ? Ptit con »… Aïe !

   Alors au final qu’est ce qu’on apprend de tout ça? Et bien que l’adaptation à ce genre de changement sera individuelle. Il faut essayer pour se rendre compte si on est près ou non à passer ce cap. Pour ma part, c’est beaucoup trop tôt mais j’aime la possibilité d’avoir le choix. L’idée même d’avoir mille livres à portée de main dans un appareil gros comme… un livre… reste fascinant.

   Et vous ? Où en êtes-vous ?

La Horde du Contrevent

Quand on crée un blog comme Bibliophage, on espère donner envie aux gens de lire, on voudrait partager ces oeuvres qui nous ont fait passer un bon moment, cela nous permet de découvrir des auteurs, des styles… Et puis il y a ces moments inattendus, rares et tellement bons… Tellement incroyables qu’on ne voudrait pas qu’ils soient plus fréquents pour goûter à cette impression de découverte. En 6 ans de Bibliophage, j’ai eu un énorme coup de coeur pour un livre de Richard Matheson dont je parle assez souvent : Je Suis une Légende. Et bien la semaine dernière, j’ai pris une deuxième énorme claque. Le genre de surprise qui nous pousse à avancer sans relâche tout en redoutant le moment où arrivera l’ultime page. Le genre de fracas littéraire qui nous fait espérer jusqu’au bout que la déception ne  surgira pas au détour d’un chapitre. L’équivalent d’un Matrix au cinéma, d’un match nul 5 à 5 entre Lyon et Marseille… Bref, l’immanquable.

La Horde du Contrevent est un livre incroyable dans lequel Alain Damasio rebâtit totalement notre réalité. La philosophie même de l’histoire est modelée dans l’esprit de l’auteur et restituée de manière très compréhensible. Le postulat de base : Un groupe d’élite de 23 hommes et femmes formés dès l’enfance doit traverser le monde pour atteindre… l’origine du vent. Ce vent qui est un personnage à part entière. L’auteur lui donne des formes et des noms, il le personnifie. Tantôt ennemi, tantôt simple observateur. Parfois divin, parfois élément du décors, le vent et toutes ses digressions sont le seul personnage omniprésent du livre. Il fait parti de chaque phrase, de chaque pensée, de chaque force et de chaque faiblesse des protagonistes. Même dans un endroit clos, le vent est présent en tant que « vif » dans la création même des hommes. Il ne s’agit pas d’un simple élément original que l’auteur utilise, Damasio traite ce  sujet avec tellement d’assurance, de profondeur et d’intelligence que cela semble très rapidement normal pour le lecteur. Normal et éblouissant de sens.

Au-delà de ça, les personnages humains, les 23 protagonistes restent le centre de tous les débats. Au début du livre, ils ont entre 35 et 40 ans et voyagent ensemble depuis… plus de 20 ans. Ils ont déjà un vécu, un passé, de l’expérience et le lecteur arrive là comme un cheveu sur la soupe alors que le groupe s’apprête à essuyer une tempête de vent. L’aspect le plus intéressant est le rôle que chacun à dans le groupe. L’expert en vent, en feu, en plante, le protecteur, le diplomate… Bref, tout ça est à découvrir.

L’originalité est poussée à l’extrême. Chaque membre est représenté par un symbole dont la légende figure sur le marque-page vendu avec le livre. L’importance de ce marque-page réside dans le fait qu’au début des paragraphes, l’un des symboles est présent pour préciser à travers les yeux de quel personnage l’acteur vit l’action. Ça peut paraître confus au départ mais cela rajoute une vrais immersion et une originalité notable sachant que parfois un schéma est présenté avec tous les symboles pour faire comprendre aux lecteurs la position de chaque personnage.

De même, symboliquement, le livre « commence » à la page 600 et des poussières pour « finir » à la page 1…

Au-delà de ces aspects, l’écriture est géniale. Suivant les personnages, le ton est vraiment différent sans être caricatural (sauf peut-être pour Golgoth mais on peut le comprendre vu la personnalité du gars). La relation entre les protagonistes aussi est bien traitée. Beaucoup de relations-clichées ont été écartées. Il n’y a pas « le chef », « le faux méchant », « la belle gosse », « la grosse tête », « le faire valoir »… Même si on peut entrevoir ces rôles, les personnages montrent différents aspects. Certains héros permettent à Damasio de partir en live avec les mots. Golgoth dans le langage de chartier et Caracole dans un style complètement fou avec en point d’orgue la fameuse joute orale. A lire absolument ! Cette joute justement qui arrive à nous tendre autant que les incroyables luttes contre le vent.

Il est peut-être temps que j’arrête là ! Je pourrais en écrire encore des pages. Ce livre a connu un immense succès simplement grâce au bouche à oreille ? Et bien comptez sur moi pour perpétuer ce rituel. Son auteur n’a écrit que deux livres, il est lyonnais et il marque au fer rouge la science fiction avec sa « Horde du Contrevent ».

Si un jour il passe par notre site, en tant que compatriote, j’aurais une question »personnelle » à lui poser sur un élément quasi insignifiant de son histoire… ;)

Enooooorme coup de coeur de ces dernières années. Et pour ceux qui veulent en savoir plus : http://www.lahordeducontrevent.org/univers/accueil.html

Ha oui ! Et la fin…

 

Des Fleurs pour Algernon

Charlie Gordon n’est pas un jeune comme les autres. Il est arriéré mental de naissance. Ses journées sont rythmés par son travail d’apprenti boulanger et ses cours de lecture et d’écriture dans la classe de Miss Kinnian. Un jour, le professeur Strauss et le professeur Nemur prennent contact avec Charlie. Forts de la réussite d’une expérience tentée sur une souris de laboratoire nommée Algernon, ils lui proposent de subir une intervention chirurgicale pouvant rendre le jeune homme hyper intelligent…

La première chose qui frappe en commençant ce roman de Daniel Keyes, c’est son style. Ce roman réuni les comptes rendus que Charlie Gordon écrit comme un journal intime. Nous ne suivons donc que son point de vue au fur et à mesure que l’expérience évolue. Le premier rapport nous met tout de suite dans le bain puisque le héros rédige son premier papier alors qu’il attend les résultats de son entretien préalable avec les professeurs. A ce moment-là, son niveau intellectuel est au plus bas et l’auteur a évidemment pris le parti de faire de son protagoniste un quasi illettré.  Cela vous donnera peut-être l’impression de lire un skyblog mais n’oubliez pas que la première parution de ce livre au US date de 1966 (il y eut une première parution de la nouvelle en 1959). De là à dire que les jeunes rédacteurs de ces merveilles d’internet écrivent comme des arriérés mentaux, il n’y qu’un pas…

Toujours est-il que vous allez suivre l’évolution de ce personnage à plusieurs niveaux. Suite à l’opération, l’auteur laisse apparaître les premiers changements à travers la maîtrise grandissante de la langue. Les fautes se font plus rares, la ponctuation plus juste, les phrases plus complexes. Keyes n’en abuse pas pour autant, cet aspect rentre dans la norme pour laisser la place aux évolutions beaucoup plus prenantes et significative que l’opération provoque.

Le tout devient parfois philosophique. Quelle est la place de Dieu dans ce changement ? A t-il trahi l’ancien Charlie Gordon ? Quel est sa place dans ce monde ? Quel rapport doit-il entretenir avec ses origines ? Que signifient ses visions du petit Charlie qui semble l’observer dans sa nouvelle vie ? Tout cela est traité de manière totalement abordable. D’autant plus que cela se mélange à la découverte de l’amour, de la culture, du cynisme humain que la naïveté et la simplicité de l’ancien Charlie ne pouvait pas prendre en compte. Puis arrive le moment où le héros dépasse le niveau d’intelligence « normal » et atteint des sommets inégalés, ce qui à pour conséquence de le marginaliser à nouveau.

C’est une des histoires les plus poignantes qu’il m’ait été donné de lire. La quête de cet homme pour atteindre la normalité, ses découvertes, ses révélations, la manière dont la réalité ne cesse de le frapper avec violoence et de le ramener à ses doutes primaires est surprenante. On le suit, on veut l’aider, on lui souhaite de réussir, d’aimer, d’être aimer… Ce personnage encaisse une multitude de désillusions et de déceptions cependant, il se bat encore et encore pour être normal. Et tout ça, toujours à travers ces comptes rendus.

Je n’ai pu m’empêcher de sentir poindre du Matheson dans ce livre de Keyes. La solitude de Charlie Gordon au milieu de ses pairs n’est pas s’en rappeler celle de Robert Neville dans « Je Suis Une Légende ». Et le feu d’artifice émotionnel offre son clou du spectacle lors des derniers chapitres…

Un incontournable !

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Des Mythes pour se Construire

Promis ! Ca ne deviendra pas une habitude mais lorsque j’ai été contacté par Oxus (la maison d’édition) pour vous faire partager la sortie d’un nouveau livre sur le travail de Jospeh Campbell, je me suis dit que vous me pardonneriez cette facilité. Alors voici le résumé du nouveau livre sur le travail de ce philosophe de la littérature, Jospeh Campbell (Voir le Mythe du héros dans la section Edito de  bibliophage).

Qu’est-ce qu’une mythologie qui agit correctement et quelles sont ses fonctions ? Pouvons-nous, aujourd’hui, vivre en accord avec des mythes ? Les mythes peuvent-ils contribuer à soulager notre angoisse moderne ou tendent-ils au contraire à l’accentuer ? Joseph Campbell explore le lien vital qui unit l’homme à ses mythes et explique de quelle façon ces derniers peuvent améliorer notre potentiel humain. Il oriente son étude autour d’une douzaine de thèmes majeurs : l’impact de la science sur les mythes, l’émergence de l’humanité, l’importance des rites…, pour conclure en ouvrant la réflexion vers l’avenir : qu’est- ou que doit être la nouvelle mythologie ?

 

Après lecture :

Une mine de connaissance ! Ce livre est un florilège des discours écrits et présentés par Jospeh Campbell lors de ses interventions au cours du Forum Cooper Union entre 1958 et 1970. Ce forum était un concentré de d’hommes et de femmes réunis pour faire avancer les idées, les préceptes, les idéologies, les théories de la science et de l’art.

Si de nombreux grands penseurs sont à compter parmi les intervenants de ce forum, Campbell fut l’un des plus fameux par sa capacité à traiter les sujets de manière compréhensible et profonde sans la moindre note, simplement par sa réflexion poussée et sa mémoire. Ce livre est une preuve de sa virtuosité !

Lire ces lignes permet de comprendre les bases de l’histoire de l’art, de la religion… Il est difficile de trouver les bons mots pour décrire l’apport personnel que ce genre d’ouvrage peut apporter. Oxus permet, à travers les différents « tomes » de comprendre les héros que nous suivons depuis toujours, leur motivation, leur cheminement moral. Héros religieux (Bouddha…), héros  littéraire (Seigneur des anneaux…), Héros cinématographique (Luke Skywalker…) et beaucoup beaucoup d’autres connus ou moins connus. A travers les ages et les continents, on se rend compte que le socle est incroyablement commun pour tous.

Si je cite ceux là, ce n’est pas pour rien. Car si le thème peut paraître austère ou élitiste, Joseph Campbell fait en sorte de le ramener à un niveau abordable et qui parle au plus grand nombre. Illustrer ses théorie par les images des personnages présents dans l’inconscient (ou le conscient) collectif donne tout son sens à des recherches pointues qui ont pris des décennies et  qui concernent tous les consommateurs de cette science. Est consommateur celui ou celle qui lit, regarde la télé, va au cinéma, croit en une puissance supérieur… Nous tous !

Autour de ces icônes et pour bien comprendre les thèses des autres cultures à travers le monde, ces discours abordent les fables, les croyances, les peuples et ethnies, les Dieux, les hérauts, les symboles, les légendes qui ont construit siècle après siècle les traits de l’imaginaire commun aux hommes, à tous les hommes. Des bases séculaires et communes qui peuvent paraître floues, avant de lire ce livre puis qui s’éclairent comme un chemin par la suite !

En résumé, il s’agit d’une sorte d’arbre généalogique des mythes qui ont fait et font notre monde. En bon philosophe de bas étage, je dirais que ce livre prouve que l’imaginaire aussi est commun aux hommes le sang qui coule dans nos veines. Qu’on le veuille ou non, nous sommes les mêmes.

Ce livre est art ET philosophie.

Pour les fans du « Héros aux mille et un visages », ce livre est INCONTOURNABLE. Ils se complètent. Je n’ose imaginer l’émotion ressentie par les auditeurs de ces forums.

Alors, je vous ai donné envie ?

 

 

Mortelle Hôtesse

 

Je vous transmets telle quelle une partie du dossier de presse reçu par Bibliophage de la part de l’auteur, Bernard Pasobrola. Cette fois, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire le roman mais c’est avec plaisir que je rends service à l’auteur et à sa maison d’édition en publiant un article ici. En leur souhaitant toute la réussite qu’ils méritent !

 

Des passagers décèdent de mort pas tout à fait « naturelle » à bord du TGV Paris-Londres. Un homme est kidnappé dans une clinique de thérapie génique près de Genève. Un virus inconnu cause une épidémie de cécité à Anvers. Les militantes d’une ONG lancent une campagne de presse qui s’achève par une sanglante tuerie dans un hôtel de Londres.

Quelqu’un découvre qu’il existe un lien entre cette série d’événements. Il se nomme Richard Meyer. Il est agent de renseignement pour le compte d’une officine privée et sa mission consiste à retrouver Humbert Katz, un patient dont on a perdu la trace quelques mois plus tôt.

Prise dans le tourbillon d’une guerre sans merci entre sociétés transnationales, son enquête se transforme en un périple forcené à travers l’Europe au sein d’un univers dont le burlesque apparent a du mal à dissimuler l’impitoyable violence.

On retrouve dans ce roman à l’architecture maîtrisée et à l’humour caustique plusieurs personnages de « L’Hypothèse de Katz » du même auteur paru initialement aux éditions Denoël.

 

Ce qu’en dit la presse :

« Bernard Pasobrola, nous offre avec cette « Mortelle hôtesse », un thriller médical impitoyable et nerveux comme son écriture, haletant comme les tourbillons secrets du sanglant conflit économique qu’il décrit. »

Luis Alfredo, Rayon Polar, 6 mai 2011

 

« Un bon roman divertissant pour un bon moment de lecture (…) Ce roman est une bonne surprise. »

Pierre Faverolle, Black Novel, 8 mai 2011

 

« J’admire toujours la virtuosité avec laquelle les auteurs de romans noirs bâtissent une intrigue, entre-croisent des thèmes qui semblent à des lieux les uns des autres et qui finissent par se rejoindre pour la plus grande satisfaction du lecteur. (…) Le danger dénoncé de ces laboratoires qui n’ont de cesse que d’augmenter leurs profits et sont prêts à fomenter des épidémies (ou des craintes d’épidémie) pour mieux vendre leurs antidotes et gagner ainsi sur tous les tableaux est loin d’être imaginaire. Les amateurs apprécieront. »

Patrick Rödel, Mediapart, 13 mai 2011

 

« Au fur et à mesure que le voyage littéraire se poursuivait mon esprit trépidait au rythme des roues, m’arrêtant à quelques gares afin de laisser reposer la motrice neuronale. Puis je repartais pressé d’arriver au terme du voyage. Et cette arrivée fut un éblouissement, un concert, non de chevaux-vapeurs mais de vaches en folie, une scène très visuelle dans un déchaînement désordonné et bruyant… »

Paul Maugendre, Mystère jazz, 18 mai 2011

L’Alerte Ambler

Au début de ce roman, nous retrouvons le héros, Harrison Ambler, enfermé dans un hôpital psychiatrique top secret sur l’île de Parrish Island. La particularité de ce centre est qu’il renferme tous les vétérans de l’espionnage américain devenus fous. Pourtant notre homme sait qu’il n’a pas perdu la raison, et ce, même si tout le monde semble penser le contraire, même s’il ne reconnait pas son visage dans le miroir, même s’il est abruti par les médicaments…

Et c’est par la force de cette certitude qu’il risque sa vie pour s’évader, aidé par une infirmière du centre, seule personne paraissant croire les élucubrations du patient. C’est alors que commence une course pour la vérité sur son identité, sur les raisons de son enfermement et sur une question lancinante : pourquoi personne ne semble jamais avoir entendu parler d’Harrison Ambler ?

Pas mal de choses à dire sur ce roman. Plus que beaucoup d’autres du même genre littéraire, l’ Alerte Ambler possède des caractéristiques qui vont être appréciées par les uns et détestées par les autres. Personnellement, même en ayant aimé l’histoire, je reste parfois sur ma faim quant aux explications finales. L’utilisation à outrance de sigles connus et (surtout) peu connus a parfois réussi à me perdre… CIA, FME, SSG, NRA, AIEA, APL, DCI et j’en passe… Du chinois pour vous ? et bien justement, avec les noms des différents personnages venant du royaume du milieu, plus les noms des armes utilisées et l’ensemble des intervenants américains… Ouch !

Il peut arriver de lire une page avec un besoin irrépressible de revenir en arrière pour savoir qui est qui et SURTOUT qui est dans le camps de qui. Dans un livre d’espionnage, les trahisons, les doubles vestes sont monnaie courante.

Maintenant que je vous ai bien découragé d’entamer la lecture, je vais vous redonner goût à Robert Ludlum. Les fans de cet auteur ou de Tom Clancy par exemple, connaissent déjà ces « travers » qui obligent à deux choses :  lire avec attention et lire en un laps de temps réduit.

Parce qu’une fois ces difficultés dépassées, le livre prend une envergure digne de l’auteur. Je vous rappelle qu’il s’agit du créateur des histoires de Jason Bourne (mort, vengeance, mémoire dans la peau…). La construction du scénario, les interactions entre le passé et le présent du héros, ces doutes, ces capacités spéciales donnent une vraie énergie au personnage principale comme aux intervenants de passage. Caston, par exemple, est un personnage particulièrement intéressant à suivre tant par son rôle dans l’histoire que par son évolution géniale. Dans une moindre mesure, Laurel tire son épingle du jeu.

Vu le synopsis, on est en droit de se demander si le final est à la hauteur de nos espérances. Bon… J’ai surtout peur que les plus malins d’entre vous percent le mystère à jour un peu trop tôt. De mon côté, je n’y ai vu que du feu sans être totalement conquis par le clou du spectacle. Quoiqu’il en soit, ça marche, ça fonctionne, c’est prenant !

A vous de me dire votre sentiment !

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Le complexe du Corn-flakes

Cette édito risque de m’attirer les foudres de ceux qui pensent qu’en France, nos artistes sont aussi talentueux et productifs que les artistes… anglophones.

Alors oui, quitte à me faire lapider en place publique, quitte à devoir vendre mon corps à la science pour vous satisfaire, je le dis haut et fort : les anglophones sont meilleurs que nous.

Je vous vois déjà bouillir en vous disant « Mais c’est faux, nous avons Zola, Hugo, Molière, Manet, Monet, Besson, Depardieu… » Mais oui ce sont des artistes énormes, sensationnels, qui ont marqué et marqueront leurs époques, je ne remets pas ça en cause. Mais quand nous sommes bons, ils sont très bons, et si nous arrivons à être très bons, alors ils deviennent divins.

Nous n’avons pas de King, pas de Poe, de Conan Doyle, de Straub… En musique, je peux comprendre que les français n’arrivent pas à s’exporter puisque la langue est un vrai barrage, mais en littérature, les traductions sont légions, et nous n’arrivons à sortir de nos frontières.

À vrai dire, ce n’est pas tant le talent que je remets en cause ici, mais plutôt la mise en lumière des artistes inconnus.

Les romans anglophones arrivent à être traduits dans de nombreux pays et la cause directe est la médiatisation et la mentalité. Chez nous, un livre fantastique ou de SF ou de Fantasy sera considéré comme « enfantin » et donc négligé. Est-ce que King est négligé outre Atlantique ? Et Masterton outre Manche ? Non, ils sont plébiscités et même médiatisés ! Lorsque l’un d’eux sort un livre, le monde entier le sait alors que par chez nous, seul les livres intellectuelles sont invités à être présenté sur les plateaux de télévision (Houellebecq, Beigbeder, BHL…). Hormis Marc Levy, il est rare de voir Fred Vargas, Maxime Chattam, Romain Sardou, Granget… Les romans non-intellectuels souffrent de la même mauvaise réputation que les jeux vidéo dans les années 80, ou de le rock dans les années 60.

Un problème de moyen ? D’élitisme ?

Quand les maisons d’édition se rendront compte que ce style est un marché à part entière, alors peut-être qu’enfin certains auteurs verront le jour et la littérature française prendra une autre dimension. Pas mieux. Pas pire. Mais différente et en harmonie avec son époque.

Car il est évident que nombre d’auteurs fantastique français s’essayent et créent même des œuvres intéressantes et lorsque le courage leur prend d’envoyer leur « bébé » à une maison d’édition, la seule réponse qu’ils obtiennent est « ne correspond pas notre ligne éditorial ». Et je sais de quoi je parle, j’en ai une quinzaine sous les yeux à mon nom.

Aux Etats –Unis, un auteur arrive à publier une soixantaine de livre, en une carrière. Ecrivain d’horreur, de héroïque- fantasy est un métier, et pas seulement du beurre dans les épinards, pas un genre à part pour les lecteurs non-intellectuels. Dénigrer ces lecteurs revient à dénigrer ceux qui écoutent de la variété française plutôt que de la musique underground. Ou à clouer aux piloris les fans de blockbuster pour privilégier les amateurs de films d’auteurs.

Les anglophones ont une culture de cette littérature et cela se ressent aussi dans le nombre impressionnant de prix et de récompenses qui sont distribués au cours d’une année.  Du jeune auteur fantastique, au meilleur roman étranger, en passant par le plus vendu, et des dizaines d’autres. Dans l’hexagone, hormis le Goncourt, il est difficile d’en citer un autre… Et celui là ne sera jamais décerné à un auteur comme Levy ou Granget. Aujourd’hui, ce sont les magazines ou journaux qui prennent les devants pour porter à la lumière des auteurs que leurs propres lecteurs apprécieront. Amen !

Un jour, Jean-Pierre Mocky s’est lâché à la télé en déclarant « que les artistes français n’avaient pas de couilles » car il ne prenait pas de risques, et que les budgets étaient minables. Et à vrai dire ce jour là, j’ai été soulagé d’entendre un professionnel se soulever. Mais sont-ce les auteurs, créateurs qui ne prennent pas de risques ? Ou ceux qui détiennent les clés (Producteurs, éditeurs, maisons de disque…)

Ce qui est frustrant, c’est que les anglophones ne sont meilleurs que sur la forme. Dans le fonds 60 millions de français arrivent à créer autant et aussi bien que n’importe qui, mais le dédain de certaines parties des artistes et surtout des dirigeants est un blocage évident à l’évolution de tous les arts en France.

Masterton / Koontz : des auteurs inconnus ?!

Dans le registre du fantastique ou de la terreur, il existe nombre d’auteur qui malgré leur talent ne sont pas connus du grand public. Il paraîtrait qu’en matière de littérature, et de musique, les français n’aiment pas prendre de risque et préfèrent rester dans les valeurs sûres. Comment pourrait-on leur en vouloir quand Stephen King arrive à sortir des livres aussi rapidement qu’un pizzaïolo ses pizzas. Avec la qualité qu’on lui connaît, pourquoi aller se perdre dans des auteurs du même genre avec un talent moins reconnu ?

Et bien, ce petit édito va peut être vous permettre de découvrir deux auteurs qui méritent vraiment le détour. À travers ce site, vous pourrez découvrir des critiques de certains de leurs livres mais pour vous faire une idée plus précise, je vous invite à lire ce qui suit.

De mon point de vue, les deux grandes lignes qui séparent Masterton et Koontz sont l’utilisation et la vision de l’ennemi du héros, et la description en général.

Concernant l’ennemi, Masterton a une vision plus pragmatique. Les renseignements qu’il distille sur lui sont « utiles » et expliquent le pourquoi de son comportement, et vraisemblablement, chaque indice est donné pour une bonne raison. Après la lecture, nous avons une idée assez précise du personnage pendant l’aventure, et de ce qui l’a conduit à devenir cette entité mauvaise, mais pas de sa vie de tous les jours. La lumière est clairement mise sur le héros, tout en se gardant bien d’en faire une icône. Comme si le but de tout cela était de lisser les personnages pour les rendre plus proches de nous.

Pour Koontz, le mal incarné par le personnage est le contre poids du bien et à ce titre, il mérite une description aussi poussée, aussi bien quantitativement que qualitativement. On connaît ses activités, ses pensées profondes, ses objectifs et sa haine pour les personnes symbolisées par le héros, si bien qu’on en vient à se demander qui est vraiment le personnage principal de l’œuvre. On aime ou on n’aime pas, pourtant, l’effort que Dean Koontz met dans sa plume pour rendre la thèse et l’antithèse est surprenant. Un chapitre sur deux étant consacré tour à tour au héros et à l’antihéros.

Les descriptions qui ponctuent leurs livres respectifs suivent également le processus décrit au dessus. Quand Koontz met une page entière à nous décrire un lieu important, Masterton n’utilisera qu’une demi-page. La différence est simple. Le premier n’omettra aucun détail et poussera (parfois trop ?) le verbe ; le dernier restera concis et précis pour ne pas perdre de vue le fil de l’histoire.  Impossible de juger si tel ou tel technique est meilleur, et je vous laisserai, lecteurs, le choix des armes car les avis sont très partagés sur l’utilisation de la description exhaustive. D’un côté, ce qu’on gagne en rythme, on le perd en mise en scène, de l’autre, ce qu’on gagne en ambiance, est perdu en spontanéité.

En conclusion, deux auteurs, deux styles mais un seul genre : le fantastique. En complément de la lecture des critiques qui leur sont consacrés, j’espère que ce petit sujet vous aura aidé à lâcher le Dieu King pour vous risquer entre des pages inconnues de ces deux auteurs pas si inconnus.

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Comment survivre à une attaque de zombies de l’espace

Attention ! Originalité !

Aujourd’hui, Bibliophage et votre serviteur vous offre un article consacré à l’un des livres les plus originaux qu’il nous ait été donné de lire.

Si vous êtes un parano déjà prêt à survivre à une attaque nucléaire ou à une fin du monde à la 2012, alors ce « manuel de survie » devrait pouvoir compléter votre collection et vous satisfaire. Annie Pastor (et oui, une femme qui s’y connait en zombies) nous livre ici un guide complet pour « survivre à une attaque de zombies de l’espace ».

Autant le dire tout de suite, je n’ai qu’une seule et unique réserve à émettre sur ce livre : De mon point de vue, j’aurais aimé un choix plus clair sur la manière d’aborder le sujet. Peut-être que cela ne gênera que moi, mais l’alternance entre le sérieux et l’humour m’a plusieurs fois sorti de l’univers cataclysmique et « urgent » que le ton général donnait. Je sentais souvent la pression monter en moi, m’imaginer dans ces situations, la panique probable et tout ce que ça sous-entend… Puis ci-et-là, la petite pointe d’humour (dans les illustrations par exemple) venait altérer cette énergie là… En voyant la couverture, je pensais que tout serait décalé et sur le ton de l’humour.

Puis la bonne surprise ! Page après page, je me suis laissé envahir par la possibilité de cette satané invasion que tous les fans de Romero ou Resident Evil craignent ou espèrent ! Et c’est là que réside la force de ce manuel. À force de détails réalistes et concrets, de résultats sans compassion, de plans de défense de fortune, et le rappel fréquent que l’issu la plus probable est la mort, notre cerveau tourne à plein régime pour chercher dans son entourage, ses souvenirs quels seraient les meilleurs compagnons de route, quels endroits de votre connaissance seraient le plus à même de servir de forteresse. On ne peut s’empêcher de se préparer mentalement.

Le texte est froid et sans concession, sans pourtant en faire trop. Digne d’un manuel ! On vous donne les faits, on vous dicte les résultats comme ça, froidement. Frissonnant !

La construction du manuel est très claire. Annie Pastor aborde tous les points géographiques (ville, campagne, île…), les armes (réels ou de fortunes), les échappatoires (la fuite, la fuite, la fuite…), bref, tous les éléments possibles et imaginables, et pond pour chacun d’entre eux les solutions à envisager, les risques encourus…. Une liste exhaustive du matériel nécessaire à tous les cas de figures est fournie, et un résumé de chaque cas « pratique » figure à la fin des chapitres.

Ajoutez une couverture plus « glauque », des illustrations intérieurs plus dans le sens du texte et… On s’y croirait !

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Le Tueur Des Rails

Montréal, le 25 août 2010 : L’histoire d’un improbable couple : un jeune homme ayant grandi avec la culpabilité de la disparition de son frère cadet et une jeune femme troublée par la mort de sa mère alors qu’elle n’était qu’une gamine. Ils captureront le Tueur des rails, qui les obligera à unir leurs forces, parce qu’ils veulent connaître la vérité, parce qu’ils veulent comprendre. Mais qu’y a-t-il à comprendre dans les agissements d’un monstre? Mais tout bien considéré, est-il vraiment un monstre? Ou est-il plutôt lui-même la victime d’un monde cruel? Son histoire est liée à une maladie millénaire trouvant son origine dans l’Égypte des pharaons et refaisant surface pendant la Seconde Guerre mondiale par la faute de scientifiques du régime nazi.

« Certains tuent par nécessité, que ce soit pour assouvir l’instinct pervers du prédateur ou du dominateur, soit en raison d’une impulsion de survie illusoire qui remonte à des millénaires et qui continue à les animer. D’autres tuent pour dissimuler la honte de crimes sexuels violents perpétrés sous l’extrême virulence de leurs désirs. Certains tuent simplement par autodéfense, pour se protéger d’une menace pressante. Enfin, d’autres tuent par pur plaisir; ceux-là sont des monstres dépravés et sans scrupules. Ce n’est pas mon cas. Je tue à cause de la mémoire, à cause de cette horrible mémoire qui m’anime et qui me retient prisonnier d’un passé irréversible.

« La mémoire du tueur est la raison pour laquelle j’ai pris toutes ces vies, les unes après les autres, sans distinction sociale, raciale, linguistique, sexuelle ou humaine.

« J’avais neuf ans au moment où les choses ont changé à jamais…, lorsque ma vie, jusqu’alors paisible, devint infernale. »

Sylvain Johnson a découvert la littérature grâce à sa mère. D’une santé fragile durant son enfance, il s’est laissé bercer par l’imaginaire et la création et s’est réfugié dans un univers où il pouvait évoluer sans crainte. Son imagination aura été aiguisée par son frère Daniel, aux talents multiples et aux aventures enrichissantes et passionnantes.

Originaire de Montréal – ayant vécu à Sainte-Thècle en Mauricie pour poursuivre des études au Cégep de Shawinigan et un court séjour à l’Université de Trois-Rivières.

Réside aujourd’hui à Laval et au Maine.

Site web de l’écrivain : www.sylvainjohnson.com

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