Autre-Monde (tome 2 et 3)

Lorsque le premier tome de cet trilogie était sorti, je m’étais dit qu’il ne servait à rien d’attendre les derniers tomes pour publier un article. J’imaginais que, comme pour toutes saga, il faudrait attendre des années pour connaitre la suite et la fin…

Et bien que nenni ! Maxime Chattam a su gérer son débit d’écriture pour nous proposer une trilogie en moins de 3 ans ! Quel bonheur de pouvoir enchainer les pages sans avoir à se souvenir de ce qu’on a lu des années ans avant.

Pour le coup, j’ai décidé de rédiger un seul et unique article pour les deux derniers tomes car l’idée générale est la même.

Dans lignée du tome 1, cette suite et cette fin sont fidèles au ton donné par Chattam. Un style simple dans l’écriture qui permet de ne pas se perdre dans le dédale des mots et des noms inhérents à cette littérature. L’accessibilité est grandement facilitée par une économie de noms compliqués. Les personnages amènent un peu de profondeur tout en restant assez classiques et proches des clichés.

Ces fameux clichés dont je parlais dans la premier tome sont bel et bien présents par la suite.

L’auteur n’est pas sorti du stéréotype du « trio de héros » qui symbolise trois traits de caractère logique : le courageux, le discret qui doute, et la sage. A l’instar de ces protagonistes, l’histoire fonctionne tout en restant… déjà-vu. Les relations entre personnages bon et mauvais, les sacrifices, le dénouement… Pas ou peu de surprises.

Pour être clair, j’ai passé un bon moment à travers cette saga mais (passez moi l’expression) il n’y a pas de quoi se taper le cul par terre. Quand on connait l’incroyable talent de Maxime Chattam dans les thriller, on reste forcément sur sa faim en lisant « Autre-Monde ». Tout comme ça avait été le cas avec « Le 5ème règne », son premier roman. De là à croire qu’il a voulu écrire pour un public plus jeune, il n’y a qu’un pas.

L’envie de créer un univers totalement nouveau, avec son vocabulaire, ses codes est compréhensible. Quel auteur digne de ce nom n’a jamais rêvé de cela ? En prologue du tome 1, Maxime Chattam demandait au lecteur de se laisser emporter dans SON monde, de ne pas chercher de logique. J’ai trouvé ce petit mot très à propos car il utilise cette tempête au début de la saga comme prétexte et les mauvaises langues pourraient facilement parler de manque de crédibilité ou de créativité. En revanche, il est vrai que si on se laisse porter, la mayonnaise peut prendre.

C’est peut-être une solution de facilité pour cet auteur si prolifique mais l’idée de « la tempête » est un des éléments qui me pousse à croire que le public visé n’est pas le même que pour « Prédateurs », « Les arcanes du chaos »  ou autre… En effet, les surnoms que les enfants du romans (les pans) donnent au monde qui les entourent laissent une impression de naïveté. Les cyniks, les gloutons, les longs-marcheurs, les scararmés, les kloropanphylles, les mangeombres… Un vocabulaire à la Harry Potter qui personnellement ne m’a pas convaincu et qui me dérangeait pendant la lecture. C’est un choix d’auteur, que je respecte complètement, mais qui ne m’a pas convaincu.

En conclusion, un bon livre pour les plus jeunes, à priori une déception pour les fans, et du genre, et de l’auteur. Ce n’est pas mauvais, c’est enfantin.

A noter un message final qui dit « Fin du premier cycle d’Autre-Monde. » L’histoire américaine s’achève peut-être pour laisser la place à une saga mettant en scène d’autres héros dans le monde confrontés à cette tempête. A voir…

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Autre-Monde (tome1)

Quand l’un des auteurs préférés de bibliophage sort un nouveau roman, nous sommes sur le pied de guerre. Et quand en plus, Maxime Chattam s’essaye à un nouveau genre, nous devons absolument y aller de notre petit article.

En passant du thriller à la fantasy, Chattam force les barrières du genre. Si le « 5ème règne », l’un de ses premiers romans, partait déjà dans un sens un peu plus SF, il s’était surtout fait connaître par sa « Trilogie du Mal ».

Ici, la prise de risque reste minimale puisque son talent est reconnu et que son roman se passe dans un univers contemporain entre l’heroic-fantasy et le post apocalyptique.

Une grande tempête vient ravager la ville de Matt et Tobias. A l’heure réveille rien n’est plus et ne sera plus jamais comme avant. Mais jusqu’où s’étant ce changement ? Géographique, humain, physiologique…

Pour les habitués de Maxime Chattam, ce roman casse les habitudes de l’auteur. Au début de « Autre Monde », Matt, le jeune héros adolescent, n’a rien des charismatiques personnages habituels qu’on retrouve chez les protagonistes de l’exilé d’Edgecombe. Exit, Joshua Brolin, Craig Frewin… Ici, on se retrouve avec un ado chétif aussi perdu que le lecteur. Puis les évènements font mûrir Matt à vitesse grand V. Il devient plus courageux, plus responsable. Il se découvre en même temps que nous le découvrons. Les changements intervenus chez lui grâce ou à cause de la tempête en font un protagoniste à part entière.

Le monde se redessine à travers les yeux de l’adolescent et nous réapprenons en même temps que lui les lois qui régissent ce nouveau décor.

S’il n’est pas réellement nécessaire de s’étaler sur la qualité de l’écriture, Chattam restant fidèle à lui-même, il faut insister sur la qualité d’adaptation à ce genre sur lequel beaucoup se cassent les dents. Premier tome d’une trilogie, toutes les bases sont efficacement posées pour entamer une épopée digne de ce nom. Chattam évite ainsi de tomber dans les clichés des « premier tome » à savoir, le déferlement de personnage, de monde, de créature. Il s’évertue à présenter son personnage et le monde dans lequel il évolue, point. Pas d’embrouille ou de noyade au milieu des mots.

Même si d’autres clichés font leur apparition, il faudra attendre la suite pour confirmer ou infirmer cette impression…

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Nécropolis

Il est des livres qui ne laissent pas indifférents et qui fédèrent autour d’eux une effervescence et des générations de fans… Nécropolis ne fait pas parti de ces livres…

Attention, non pas qu’il soit mauvais mais il est simplement passé inaperçu, en tout cas en France, malgré les critiques dithyrambiques. En cherchant à me renseigner sur ce roman et son auteur, je n’ai pas pu trouver grand chose si ce n’est que son livre le plus célèbre est « La nuit du solstice ».

Nécropolis est pourtant une merveille d’immersion et de découverte de la vie new-yorkaise des années 70/80. Le héros principal étant le directeur de l’institut médico légal de la grosse pomme, le lecteur peut suivre à travers lui toutes les facettes glauques et secrètes de cette ville mythique. Un personnage acerbe, antipathique, décrié, une sorte de docteur House avec 30 ans d’avance et en plus tégneux.

Paul Konig est un personnage comme on les aime. Il n’y a aucune malice dans son comportement agressif et dictatorial. C’est un homme de plus de 60 ans qui a vu et vécu des choses à travers son métier et qui s’est laissé dominer par ses peurs, ses colères et ses problèmes personnels. Il n’a pas d’humour. Ce livre n’a pas d’humour ! Il est rempli de relations conflictuelles, intransigeantes mais tellement crédibles. Un livre plein de tension personnalisé par Konig. Il est New- York, il subit New-York, il vit New- York.

Avec du recul, je pense que le succès de ce roman réside dans un fait simple ; nous suivons la vie d’un homme. Tout simplement. Ce n’est pas une enquête, ni un flash sur un instant tragique de sa vie…. Enfin, pas tout à fait…

En effet, ces 600 pages plongent le médecin, et le lecteur, dans différentes histoires que ce ponte de la vie new-yorkaise devra régler avec ses talents et ses inimitiés. Deux cadavres non-identifiés et mutilés à reconstituer, des rumeurs de trafique de cadavres au sein de son établissement, la désignation du successeur à son poste, ses problèmes physiques et personnels (qui sont peut-être le seul aspect romancer… et pas le plus intéressant). Paul se confronte à la hiérarchie, à l’administration, à ses décisions passées et futures… Une vraie vie d’homme qui passe du génie à la folie.

Bien entendu, le tout est rédigé à la perfection pour ce genre de roman noir. C’est un livre qui nous salit, qui ne laisse pas indifférent, qui dégouline de la noirceur du monde de Paul Konig. Un régal !

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La Promesse des Ténèbres

Dans ce roman, Maxime Chattam nous propose de relier l’histoire de son héros fétiche Joshua Brolin avec celle de son acolyte de la trilogie du mal, Annabel O’Donnel.

En effet, lors de l’apparition de la belle flic originaire de New-York au côté de Brolin, nous avions pu apprendre qu’elle était à la recherche de son mari, Brady, disparu dans des circonstances étranges quelques mois auparavant. Contrairement aux doutes que nous pouvions avoir, cette affaire n’était nullement résolue au cours de la trilogie, ni même vraiment abordé.

En fait, Chattam nous prévoyait carrément un roman complet pour résoudre ce mystère ! Une sorte de Spin off (s’emploie pour parler des livres ou séries crées autour d’un personnage différent de l’oeuvre originale) où nous découvrons la vie d’Annabel qui n’est ici qu’un personnage « secondaire ». Le protagoniste majeur étant le principal intéressé : Brady O’Donnel.

Ce livre est une véritable descente aux enfers ! On assiste à une sorte de suicide professionnel, social, moral du personnage qui, en tant que journaliste free lance débute une enquête sur l’univers de l’industrie du porno dans ces travers les plus noirs. Dans le sillage de la belle Ruby, il découvre une ville sous la ville, un monde où toutes les règles sont dictées par des promesses obscures.

A travers ces pages, on s’aperçoit que tout semble tirer Brady vers le bas. Ses rencontres, ses découvertes, ses relations humaines, les lieux qu’il est amené à visiter… En bon lecteur, nous prenons plaisir à nous engouffrer dans ce monde ténébreux en sachant que nous en sortirons en refermant le livre.Pour le journaliste, il s’agit d’un voyage inéluctable dont les pas sont guidés par un Maxime Chattam très en forme qui prend un plaisir presque malsain à creuser toujours plus profond pour sonder l’âme humaine et ses recoins honteux.

La galerie de personnages rencontrés prend tout son sens face à un homme aussi « normal » qu’ O’Donnel. Ils prennent tous une signification spéciale, comme s’ils incarnaient chacun un traits négatif de l’être humain. La violence, la misanthropie, l’avarice, l’appât du gain, la manipulation, la trahison, l’ignorance, la haine… Autant d’ingrédients glauques qui salissent le lecteur à travers ce héros qui tentent de lutter contre la gangrène qui le ronge.

Personnages et  scénario cohabitent avec un naturel presque effrayant de réalité. Un très bon Chattam que les fans ne peuvent laisser de côté. Pour les novices, un très bon roman pour débuter avec cet auteur, mais je vous conseille de commencer avec la trilogie du mal pour profiter de la chronologie instituée par l’auteur.

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La Communauté du Sud

Sookie Stackhouse est serveuse dans le bar/restaurant « Chez Merlotte », dans la communauté de Bon Temps, ville de Bâton-Rouge, en Louisiane. Une fois cela dit on pourrait s’attendre à un gentil petit roman sur la vie dans les campagnes américaines, mais ça serait sans compter le petit grain de sable qui va faire basculer tout le synopsis vers le fantastique…

Sookie Stackhouse, non contente d’être, le parfait stéréotype de la jolie Américaine, blonde à forte poitrine, style cheerleader, est télépathe de son état.

Ce qui pourrait vous sembler être un don, est pour elle est un vrai handicap l’empêchant de s’intégrer dans sa petite communauté, de mener une existence paisible et même d’envisager toute relation avec un homme. Jusqu’au jour où Bill le Vampire entra « Chez Merlotte ».

Le premier volume, « Quand le danger rôde » (Primé par un Anthony Award 2002) commence à cet instant. À partir de ce jour, la vie de la petite serveuse n’aura plus jamais la même saveur.

La communauté du Sud est une série, de 11 romans (9 publiés en France, le numéro 10 arrive en septembre 2010), qui navigue entre plusieurs genres : Fantastique, Policier, Société, Romance. Tout y passe, et avec brio qui plus est. Jamais la saga ne verse plus dans un style que dans un autre. Ce qui pourrait être perturbant apporte au contraire une certaine légèreté qui existe rarement dans les romans fantastiques.

Dans les aventures de Sookie Stackhouse, chaque événement s’inscrit dans le quotidien. Par exemple, les vampires ont fait leur « coming out » et vivent au grand jour (façon de parler), tentant de s’intégrer aux humains. Et par la force des choses, ou par la force de la discrimination humaine, certains s’unissent sous des prétextes religieux pour les détruire, façon KKK. Dans ce contexte, nous ne sommes pas plus dans le mystère que dans la critique sociale, et c’est là que réside toute la subtilité de la communauté du Sud.

De plus, Charlaine Harris, auteur de la série, ne distille la note fantastique que par petites touches tout au long des romans ; on ne rentre pas de but en blanc dans un monde de créatures magiques, plus mystérieuses les unes que les autres. D’ailleurs dans le premier volume on entrevoit que par le petit bout de la lorgnette qu’il existe un monde parallèle qui nous échappe totalement. C’est ce qui fait le sel de cette série ; ajoutez à cela sexe, drogue, et violence sanglante, et votre compte est bon, vous aurez beaucoup de mal à vous détacher de ce contenu hautement addictif.

Le seul petit bémol – s’il devait y en avoir un – serait peut être l’aspect romance de l’histoire, qui pourrait refroidir bon nombre de lecteur masculin – sans vouloir verser dans le cliché ou le sexisme. Mais là encore Charlaine Harris sait parfaitement jongler avec les codes : elle ne rentre jamais dans la complaisance des relations à l’eau de rose genre collection arlequin, et ponctue régulièrement ses romans par des scènes de sexe pour le moins explicite. Ce qui devrait mettre tout le monde d’accord.

Commencez cette série, c’est risquer sans nul doute, de finir mordus, et après chaque volume, d’avoir les crocs… ;o)

Biographie de l’auteur :

Charlaine Harris, née en 1951 dans l’état du Mississippi, mariée et mère de trois adolescents, elle est membre de la Mystery Writers of America (association d’auteurs de romans policiers, qui décerne chaque année une récompense aux meilleurs auteurs de romans policiers, ainsi qu’aux personnes ayant contribué à la promotion de ce genre littéraire.), membre de l’ American Crime Writers League, membre du conseil des Sisters in Crime, et présidente en alternance avec Joan Hess de l’ Arkansas Mystery Writers Alliance.

La communauté du Sud fait l’objet d’une adaptation en série télévisée depuis 2008, sous le titre de « True Blood ». Pour l’instant les deux premiers volumes ont été adaptés, la saison 3 est annoncée pour 13 juin 2010.

La série True Blood retrace bien le parcours de Sookie Stackhouse, mais n’est pas racontée à la première personne comme dans les livres. Aussi l’histoire est étoffée par nombre de personnages secondaires, qui sont développés ou inventés pour les besoins de la série télévisée.

Bérénice

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La Reine des Damnés

Troisième partie attendue, La reine des damnés est une suite indépendante de la Chronique. Son histoire peut être comprise sans forcément avoir lu les deux premiers volumes même si, dans ce cas là, l’intérêt est un peu perdu.

L’évolution de la chronique prend une ampleur considérable dans ce volume. Anne Rice s’attaque une fois de plus à un sujet des plus difficiles qui soit, que ce soit pour les hommes ou pour les vampires : leur origine. Un terrain risqué sur lequel même Bram Stoker (auteur du célébrissime Dracula) ne s’est pas aventuré.

A l’instar de Louis après le premier volume, Lestat devient le vampire à abattre après sa courte mais explosive carrière de rock star qui à ébranlé tout le monde vampirique. La mesure mystique, de Lestat et tout son entourage, explose au contact du personnage d’Akasha, la mère de tous les vampires…

Au risque de me répéter dans toutes les critiques des romans qui composent cette Chronique, Rice arrive encore une fois à happer l’attention du lecteur.

Aussi talentueuse soit- elle, il était facile de se casser les dents sur un sujet tel que l’origine des vampires. Mais sa « thèse » est tellement bien pensée, originale et « logique » que cela semble presque évident. Elle nous donne une période assez précise, des noms, des circonstances en les distillant juste assez pour nous empêcher de refermer le livre. Tout le livre prend un intérêt incroyable pour les fans de buveurs de sang, et pourrait même attiré les novices, rien que par la qualité d’écriture inhérente la chronique.

Nul doute que si vous avez aimé Entretien et Lestat, vous adorerez ce volume, extraordinaire dans son évolution des personnages (Lestat prenant encore un peu plus de charisme), et de l’Histoire.

A noter que Lestat le vampire et La reine des damnés ont tous les deux été retranscris au cinéma en un seul film. Lestat étant incarné par Stuart Townsend.

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Cabale

Clive Barker, un nouvel auteur sur le site. Pourtant cet homme a à son actif plusieurs projets qui vous feront sûrement dresser l’oreille, au cinéma d’abord « Eraser Head » en 1987, et « Candy Man » en 1992 et en littérature avec « Livres de Sang ou les contes macabres »… Bref Barker n’en est pas son premier coup d’essai. Cabale n’est peut-être pas le meilleur exemple des talents développés par cet auteur mais reste tout de même un livre très agréable.

Les personnages principaux, Boone et Decker, s’avèrent très intéressants dans leurs évolutions respectives et la panoplie des sentiments qui les tiraillent. L’un, Boone, est torturé, faible de corps et d’esprit et instable. L’autre, son psy est un homme plein de secrets et le contraire total de son patient.

Incarnant tour à tour les symboles du Mal et du Bien à travers deux styles différents, ces deux hommes portent le livre à eux seuls. Passant de dominant à dominé plusieurs fois au cours de l’histoire. Je ne peux pas trop développer leurs rôles car les surprises les concernant font tout l’intérêt du livre… Mais rien que pour ces deux personnages, Cabale vaut le coup.

Au milieu d’eux, il est vrai que le personnage féminin central, Lori, parait un peu fade. On passe une partie du livre à la suivre sur les traces de Boone, son petit ami, et même si l’intérêt reste présent, le tout est plutôt poussif. Sans conteste, les chapitres concernant les deux hommes ont un rythme plus soutenu, les personnages attirent l’attention et tiennent le lecteur en haleine. Ce contraste dessert bien évidemment le livre qui alterne du coup le bon et le moins bon.

L’histoire générale peut sembler « brouillon » car Barker ne pose pas assez le décor dès le début malgré une première scène très réussie. Pourtant, en abordant le livre avec un esprit ouvert, le résultat final est plutôt positif. La frustration vient du fait que les carences en informations auraient pu être comblées si le livre avait été plus long. Ici, 312 pages ne suffisent pas.

Pour ce qui est de l’écriture, la forme est très agréable. Barker redouble d’originalité pour décrire des choses banales. Je ne peux résister à l’envie de vous faire partager La description incontournable en littérature : le levée de soleil.« Le soleil leur fit un numéro de strip-tease en se levant, dissimulant son éclat sous un voile de nuages, puis jetant ses lambeaux un par un. » Simple, explicite et original. Ca résume bien ce livre.

Cette critique peut paraître négative, mais détrompez vous, j’ai passé un bon moment à travers ces 312 pages. Deux énormes personnages, et le tout se lit vite, facilement et réserve pas mal de surprises intéressantes et originales.

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Lost In Translation…

Si le milieu de la traduction reste assez flou pour nous autres consommateurs, nul doute que nos amis du marketing et pourfendeurs de projets bancals des maisons d’édition aiment y ajouter leur grain de sel pour assurer une petite poussée des ventes.

Evidemment, ils ne peuvent pas changer le nom des personnages, ou l’histoire en elle-même, mais ils s’assurent tout de même que la première chose que les lecteurs verront sera « accrocheur ». Et quelle est la chose que nous voyons en premier en prenant un livre ? Le titre, bien sûr.

Peut- être n’avez-vous jamais prêté attention à cela lorsque vous choisissiez un livre, la 4ème de couv’ étant là pour vous guider. Mais personnellement, j’aime choisir un livre par son titre, et lorsque je n’y prends pas garde, je me laisse flouer par ses métamorphoses proche de la science fiction que nous apportent les conseillers-en-changement-de-titre-pour-vendre-plus et propre au marché français ; les autres pays gardant souvent le titre original.

Quelques exemples bien sentis :

- Dark rivers of the heart (Les rivières noirs du coeur) devenu La Porte Rouge.

- Blue moon (La lune bleue) transformé en La Cache du Diable.

- The house that Jack built (La maison construite par Jack) métamorphosé en Walhalla.

- Family Portrait (Portrait de famille) « astucieusement » renommé Le Portrait du Mal.

Seulement, d’après les conseillers en vente, il manque quelque chose dans les titres traduits. Et tout le secret des ventes par milliers se résume en quelques mots magiques à ajouter dans les titres français. Peur, Diable, Mal, Ténèbre, Mort, Sang et bien d’autres qui à coup sûr nous ferons acheter les livres comme des psychopathes en herbe que nous sommes. Les exemples se comptent par milliers chez les auteurs qui ne font pas vendre par leur nom. La prochaine fois que vous irez chez votre libraire, jetez un coup d’œil, il y a quelques transformations proche du comique.

Dan Brown n’étant pas connu avant son Da Vinci Code, il a échappé à ce drame par la fulgurance des ventes. Dans le cas contraire, Anges et Démons serait devenu Les Illuminatis contre attaque, et le Da Vinci Code, La Joconde de tous les dangers. Au lieu de taper sur ces pauvres responsables marketing, je devrais plutôt chercher les raisons de ces mutilations littéraires. Et il est vrai qu’avec le déclin de la Science-Fiction, des livres dit d’Horreur ou de Terreur, depuis une quinzaine d’année, tous les moyens sont bons pour attirer du public. Même vendre son âme au diable, avec des raccourcis et des pirouettes plus commerciales qu’artistiques.

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Les Conjurés de la Pierre

Avant tout, il faut savoir, que David Morrell est le créateur du personnage de Rambo. Voila maintenant que c’est dit, et que vous soyez fan des films ou non, ne jugez pas trop vite ce livre car Les Conjurés de la Pierre est un très bon livre…

Il ne s’agit pas d’un livre de guerre et de tueries mais l’idée d’espionnage, d’infiltration et de discretion est tellement présente qu’on ne peut pas totalement occulter le personnage célèbre créé par Morrell. Le héros de ce livre, Drew, peu rappeler John Rambo de part sa solitude et son professionnalisme dans son métier… Voila, j’arrête avec les comparaisons, passons au livre en lui-même.

L’idée de base du scénario m’a tout de suite conquise. La quatrième de couverture vous laisse juste assez de suspens pour vous obliger à lire les quelques pages du début. Si l’histoire devient plus traditionnelle au fil des chapitres, la première moitié à elle seule devrait vous pousser à essayer ce livre. L’idée de base la voici : Un homme mystérieux cherche à fuir son passé en se réfugiant pour le reste de sa vie dans un monastère du Vermont. Quel est son passé ? On ne le sait pas. Mais une nuit, un commando exécute de manière très discrète tous les moines du lieu saint. Tous, sauf un… Pourquoi ? Comment ? Découvrez le en lisant ce roman.

Entre parenthèse, pour ceux qui craignent un livre anti clérical, rassurez- vous, il ne s’agit pas d’une critiques de l’Eglise, mais seulement de faire évoluer des personnages dans un contexte secret.

Le protagoniste Drew incarne bien l’homme torturé par un passé qu’il veut oublier, et un présent qui l’oblige à se battre pour ses convictions, non pas religieuses, mais bien personnelles.

Au final, l’histoire se tient parfaitement avec un début excellent et on avale sans problème les presque 600 pages de David Morrell.

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La Gloire de l’Edankan

Eldeflar et son tuteur Orufis vivent au château du seigneur Dafur de Guervin et travaillent pour lui, comme beaucoup d’hommes, à la construction de remparts pour le palais. Recueillis dix ans auparavant par Dafur après que leur village de Murgas soit envahi et détruit par des hordes d’orques, Orufis et le jeune garçon se rendent utiles pour toutes les tâches ingrates et difficiles.

Happé par cette vie depuis une décennie, Eldeflar, qui n’est ni plus fort, ni plus malin qu’un autre, et qui n’est pas de sang noble, n’imagine pas sa vie autrement qu’en tant qu’homme à tout faire. Pourtant, son tuteur et ami va devoir répondre à un serment prêté des années auparavant, un serment d’une importance capitale et qui pourrait bien changer la face de leur monde.

Et entre rencontres périlleuses, révélations, prises de conscience et découvertes incroyables, Eldeflar va devoir apprendre et accepter la réalité… pour le bien de tout son royaume.

Lorsque je me suis engagé à lire et à faire une critique de se livre auprès de Xavier de Brabois, son auteur, j’ai eu un peu peur. Etant moi-même fan de fantasy, et écrivant moi-même dans ce registre, j’avais peur de tomber sur une histoire déjà vue, ou de ne simplement pas être emballé.

Et j’avoue que là, grosse surprise. Qui suis- je pour juger ? Me direz vous. Et bien comme vous je suis un lecteur, mais un lecteur qui prend la parole. Et dans ce genre de cas, prendre la parole est un réel plaisir et presque une nécessité. Puisque le genre de la fantasy semble se morfondre et que les fans ne trouvent plus ce qu’ils cherchent, ne faites plus un pas ! J’ai une solution ! Et française en plus ! La gloire de l’Edànkan ! Je me suis fait emporter par ce livre. Mes craintes du début se sont envolées dès les premières phrases et page après page, je me suis laissé prendre par cette histoire rythmée et pleine de surprise.

Tout d’abord, on appréciera l’effort rare et remarquable d’utilisation de la langue. Un langage soutenu qui effraiera peut-être certains d’entre vous, mais qui à mesure que l’on avance se fait plus facile jusqu’à en devenir naturel. Quand il s’agit de décrire un paysage, cette manière d’écrire est tout bonnement magique. Cela prend un aspect plus épique, et laisse facilement imaginer le narrateur contant son histoire alors que les héros vivent leurs aventures. Concernant les dialogues, on peut être un peu gêné puisque seigneurs, guerriers ou paysans gardent ce langage soutenu. Manque de logique et de réalisme ? Peut-être mais c’est justement ce dont Xavier de Brabois se nourrit : la poésie et le féerique. Que ce soit dans les descriptions ou les dialogues, les tournures de phrases prennent un sens poétique.

Voila ! Maintenant qu’on sait que la forme est bonne, qu’en est-il du fond ?

Vous n’aurez entre les mains que le premier volume d’une série de trois. Mais ne vous inquiétez pas, l’aventure commence bien dès ce tome là, et croyez moi, les héros ne chôment pas. Les informations distillées vous emmènent doucement mais sûrement vers le cœur de l’histoire. Toute l’aventure du premier tome se passe sur plusieurs semaines. Pour appuyer l’immensité des terres qu’ils traversent, De Brabois n’hésite pas à faire galoper ses chevaux plusieurs jours durant et patienter ses héros des nuits entières. Le tout en quelques mots ou phrases bien placés. Le lecteur ne sent pas le temps passer dans sa lecture, mais est pris à l’ennui, l’anxiété ou la peur des protagonistes. Les héros sont tous très attachants, femmes, hommes, elfes, humains, joyeux ou mystérieux. On apprend, comme Eldeflar, à les connaître petit à petit et aussi à les aimer.

Un autre point agréable : la séparation des personnages. En groupe, ils partent pour accomplir des petites missions et se séparent plusieurs jours ou semaines, pour se retrouver ensuite. Mais pour nous lecteur, qui suivons parfois les deux histoires parfois une seule, c’est l’implication totale dans tous les cas. Le rythme et les choix de l’auteur quant à l’histoire à suivre sont parfaitement étudié. Rien à jeter que du bonheur.

Pour finir, un détail qui m’a séduit. A plusieurs reprises en fin de chapitre, Xavier lance une petite information pour le lecteur en utilisant le futur, laissant toujours planer un doute, sur les pages ou les tomes suivants, et surtout nous obligeant à tourner les pages tant l’envie nous presse. Impossible de fermer le livre avant la fin.

Pour conclure, fan de fantasy, ou plus simplement d’aventures, foncez ! Et si je n’ai fait aucune allusion à Tolkien et son œuvre, ce n’est pas pour rien. Arrêtons de comparer et lisons ! Nous sommes là pour faire découvrir des auteurs, alors faites moi confiance et jetez vous sur ce livre là.

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